Publié le 29 octobre 2025 08:23:00. À la veille d’une rencontre cruciale à Séoul, Donald Trump et Xi Jinping s’apprêtent à aborder des dossiers épineux, de la guerre commerciale aux tensions autour de Taïwan, dans l’espoir de stabiliser une relation sino-américaine marquée par des années de frictions.
- La réunion de jeudi pourrait déboucher sur un accord commercial, mettant fin à des mois de chaos économique mondial.
- Les terres rares, dont la Chine contrôle une part importante de la production, devraient occuper une place centrale dans les discussions.
- La question sensible de Taïwan pourrait être abordée, bien que Donald Trump se soit montré évasif à ce sujet.
Après quatre années sans rencontre en personne, les présidents américain et chinois se retrouvent en marge du sommet de coopération économique Asie-Pacifique à Séoul. Les enjeux sont considérables : la guerre en Ukraine, les avancées technologiques de la Chine et les déséquilibres commerciaux persistants ont exacerbé les tensions entre les deux superpuissances. Les responsables des deux camps ont discrètement préparé le terrain pour un éventuel accord commercial, susceptible de calmer les marchés mondiaux.
Mercredi, Donald Trump s’est montré optimiste quant à l’issue de la rencontre.
« Je pense que nous allons avoir une excellente réunion avec le président chinois Xi, et que beaucoup de problèmes vont être résolus. »
Donald Trump, président des États-Unis
Il a également minimisé l’importance de la question taïwanaise, affirmant qu’il ne savait pas si elle serait même abordée.
« Je ne sais pas si nous parlerons même de Taïwan. Je n’en suis pas sûr. Il voudra peut-être poser des questions à ce sujet. Il n’y a pas grand-chose à demander. Taïwan est Taïwan. »
Donald Trump, président des États-Unis
Pékin considère Taïwan comme une province rebelle et n’exclut pas l’usage de la force pour parvenir à la « réunification ». Des responsables chinois ont réitéré mercredi leurs avertissements à ce sujet, tandis que les médias d’État ont détaillé les plans de Pékin pour gouverner l’île. Les États-Unis, principal soutien de Taïwan, ont assuré que leur engagement envers l’île restait ferme, malgré les positions parfois ambiguës de Donald Trump.
Les terres rares, essentielles pour de nombreuses industries américaines (automobile, défense, etc.), devraient également être au cœur des négociations. La Chine domine le marché mondial de ces minéraux, contrôlant environ 70 % de l’extraction minière et plus de 90 % de la capacité de traitement. Pékin a récemment renforcé ses restrictions à l’exportation, invoquant des préoccupations de sécurité nationale, en réponse aux restrictions américaines sur les exportations de technologies de semi-conducteurs avancées. Des discussions préliminaires à Kuala Lumpur ont suggéré que Pékin pourrait accepter de reporter d’un an ses nouveaux contrôles à l’exportation en échange d’un gel des restrictions américaines sur les puces.
Un tel compromis serait bénéfique pour les deux économies, même si certains faucons à Washington pourraient s’inquiéter de l’impact sur la sécurité à long terme des États-Unis. Donald Trump semble miser sur l’importance stratégique des terres rares, reconnaissant implicitement la dépendance américaine à la Chine pour ces matières premières cruciales.
Mardi, les États-Unis et le Japon ont signé un accord visant à sécuriser l’extraction et le traitement des terres rares et d’autres minéraux essentiels. La Maison Blanche a indiqué que les deux pays envisageraient également un accord de stockage mutuel de minéraux critiques. Déclaration. Le Japon, qui a réduit sa dépendance à la Chine pour les terres rares de 90 % à 60 % après une crise diplomatique en 2010, sert de modèle pour les États-Unis.
La Chine cherche également à diversifier ses partenaires commerciaux. Mardi, elle a mis à niveau son accord de libre-échange avec l’ASEAN, dont le commerce bilatéral a atteint 771 milliards de dollars (580 milliards de livres sterling) l’année dernière, dépassant le commerce entre la Chine et les États-Unis (659 milliards de dollars, soit 496 milliards de livres sterling).
Les négociations sont menacées par le spectre d’une guerre commerciale mondiale. En avril, les droits de douane imposés par les deux parties avaient atteint des niveaux alarmants, flirtant avec un embargo commercial de facto. Donald Trump avait menacé d’imposer des droits de douane de 100 % sur les produits chinois à partir de novembre, mais il semble que cette menace soit désormais écartée. La question des droits de douane élevés déjà en place, suspendus jusqu’au 10 novembre en attendant un accord, reste toutefois en suspens. Au 25 septembre, les droits de douane chinois moyens sur les exportations américaines s’élevaient à 32,6 %, tandis que les droits de douane américains moyens sur les exportations chinoises atteignaient 57,6 % selon l’Institut Peterson pour l’économie internationale. En avril, ces taux avaient dépassé les 130 %.
Bonnie Glaser, directrice générale du programme Indo-Pacifique du German Marshall Fund, estime que les deux dirigeants sont conscients de leur position de force, mais qu’ils souhaitent éviter un retour à des droits de douane punitifs.
« Tous deux veulent éviter un retour aux droits de douane très élevés dont ils se sont mutuellement menacés plus tôt cette année. »
Bonnie Glaser, directrice générale du programme Indo-Pacifique du German Marshall Fund
Lundi, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, soulignant la nécessité d’un dialogue basé sur l’égalité, le respect et le bénéfice mutuel. Les discussions devraient également porter sur le contrôle du fentanyl et la finalisation de l’accord concernant TikTok, conclu à Madrid.
Au-delà des détails d’un éventuel accord, le sommet de Séoul pourrait marquer un tournant en signalant la possibilité de négociations constructives entre les deux puissances mondiales. Donald Trump a adopté un ton relativement conciliant, et Xi Jinping semble confiant dans sa capacité à gérer le président américain.
Les deux parties ont intérêt à apaiser les tensions commerciales. Feng Chucheng, associé chez Hutong Research, observe une prise de conscience croissante aux États-Unis que
« une coexistence mutuellement dépendante peut être bénéfique »
Feng Chucheng, associé chez Hutong Research
et que le paradigme américain à l’égard de la Chine est en train d’évoluer.
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