Les États-Unis et la Corée du Sud ont annoncé la conclusion d’un accord commercial significatif, marqué par un engagement d’investissement massif de Séoul en Amérique et une réduction des droits de douane sur les automobiles. Cette entente intervient dans un contexte de tensions commerciales persistantes et de préparatifs pour une rencontre cruciale entre les présidents américain et chinois.
Selon l’assistant du président sud-coréen, Kim Yong-beom, les deux parties se sont accordées pour maintenir les droits de douane réciproques à 15 %, tout en prévoyant une baisse des taxes sur les véhicules et leurs composants. La Corée du Sud s’engage également à investir 350 milliards de dollars américains (environ 264 milliards de livres sterling) aux États-Unis, répartis entre 200 milliards de dollars en liquidités et 150 milliards de dollars dans le secteur de la construction navale.
Le président américain Donald Trump, en déplacement en Asie, a qualifié l’accord de « presque finalisé » lors d’un dîner suivant les discussions qui ont duré près de deux heures. Il n’a pas fourni de détails supplémentaires à ce stade.
Cet accord fait suite à une annonce initiale fin juillet, où la Corée du Sud s’était engagée à investir massivement aux États-Unis pour éviter l’imposition de tarifs douaniers plus élevés. Cependant, les négociations concernant la structure précise de ces investissements avaient atteint une impasse.
Par ailleurs, le président Trump rencontrera son homologue chinois Xi Jinping jeudi, en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (Apec) à Gyeongju. Le ministère chinois des Affaires étrangères a confirmé cette rencontre, qui se tiendra dans la ville de Busan. Il s’agira de leur première rencontre directe depuis la prise de fonction de Trump en 2025 et l’instauration de droits de douane généralisés par l’administration américaine.
S’adressant à un groupe de chefs d’entreprise à Gyeongju, Trump a exprimé son optimisme quant à la conclusion d’un accord avec la Chine, qu’il a qualifié de « bon accord pour les deux parties ». Il a également salué les pays de l’Apec pour leurs efforts visant à rendre le système commercial mondial plus équitable, le décrivant comme « brisé » et nécessitant une « réforme urgente ». « La sécurité économique est la sécurité nationale », a-t-il affirmé.
La visite de Trump en Corée du Sud a été marquée par des gestes symboliques, notamment la réception d’une couronne d’or et du Grand Ordre de Mugunghwa, la plus haute distinction sud-coréenne. « J’aimerais le porter maintenant », a déclaré Trump à propos de la couronne. Il est le premier président américain à recevoir cet honneur, en reconnaissance de sa « contribution à la paix dans la péninsule coréenne », selon le bureau présidentiel sud-coréen.
Bien que les deux dirigeants aient participé à un déjeuner de travail et à une réunion privée, aucun accord concret n’a été annoncé. Les acteurs des secteurs de l’électronique, des puces et de l’automobile en Corée du Sud, qui espéraient une clarification sur les tarifs douaniers, pourraient être déçus.
Trump avait initialement imposé des droits de douane de 25 % à Séoul, qu’il avait ensuite négociés à 15 % en échange de l’engagement d’investissement de 350 milliards de dollars et de l’achat de 100 milliards de dollars de gaz naturel liquéfié.
La Corée du Nord a mené des tirs d’essai de missiles de croisière sol-air avant l’arrivée de Trump en Corée du Sud. Le président américain a exprimé son intérêt pour une rencontre avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, mais a indiqué qu’une telle rencontre n’avait pas pu être organisée lors de ce voyage. Il a déclaré : « Nous verrons ce que nous pouvons faire pour que tout cela soit réglé. »
Des manifestations ont eu lieu en marge du sommet, avec des groupes pro et anti-Trump se faisant entendre. La police a dispersé de force certains manifestants anti-Trump et procédé à des arrestations. Le sentiment anti-chinois est également en croissance en Corée du Sud, alimentant des théories du complot.
Avant son arrivée en Corée du Sud, Trump avait signé un accord sur les minéraux de terres rares avec le Japon et annoncé un « âge d’or » dans les relations américano-japonaises. Il avait également présidé un « accord de paix » entre la Thaïlande et le Cambodge, mettant fin à un différend frontalier de longue date.