Home MondeLa Chine modifie ses tactiques de guerre commerciale des droits de douane au profit d’un levier contre les États-Unis

La Chine modifie ses tactiques de guerre commerciale des droits de douane au profit d’un levier contre les États-Unis

by Clara Dubois

Publié le 29 octobre 2025 à 13h48. Lors d’un voyage en Asie marqué par des tensions commerciales, le président américain Donald Trump s’apprête à rencontrer son homologue chinois Xi Jinping, alors que les États-Unis cherchent à reprendre le contrôle d’une relation économique dominée, selon certains, par Pékin.

  • La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine évolue vers une lutte d’influence plus large, Pékin prenant l’initiative stratégique.
  • La prochaine rencontre entre Trump et Xi Jinping, en marge du sommet de Busan en Corée du Sud, sera cruciale pour définir les contours de cette nouvelle dynamique.
  • Des experts divergent sur la force économique de la Chine, certains estimant que Washington surestime sa puissance et que Pékin est vulnérable.

La visite du président Trump en Asie se déroule dans un contexte de tensions commerciales croissantes avec la Chine. Au-delà des simples négociations tarifaires, l’administration américaine cherche à affirmer sa puissance économique et à restaurer la domination américaine dans le commerce mondial et les technologies émergentes. Cette stratégie se traduit par une pression accrue sur les alliés et les rivaux de Washington pour revoir les termes commerciaux, avec l’utilisation des droits de douane comme outil de négociation.

Cependant, selon plusieurs observateurs, Pékin semble prendre l’ascendant dans ce conflit. La Chine ajuste ses contrôles à l’exportation, sécurise l’approvisionnement en minéraux critiques et renforce ses chaînes d’approvisionnement, laissant Washington réagir plutôt que d’anticiper. Cette dynamique pourrait désavantager les États-Unis lors de la prochaine rencontre entre Trump et Xi Jinping.

Les deux dirigeants doivent se rencontrer en marge du sommet de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Busan, en Corée du Sud. Il s’agira de leur première rencontre en face à face depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Des discussions sur une possible pause ou extension des droits de douane sont également à l’ordre du jour.

Bryan Burack, conseiller politique principal pour la Chine et l’Indo-Pacifique à la Heritage Foundation, souligne la capacité de Pékin à agir plus rapidement et plus efficacement que les États-Unis.

« Il y a beaucoup de flèches dans le carquois chinois. Le fait est qu’ils peuvent littéralement agir plus que nous. Ils disposent d’outils plus coercitifs à utiliser contre nous, et ils peuvent les déployer plus facilement. »

Bryan Burack, conseiller politique principal à la Heritage Foundation

Il met en évidence la dépendance industrielle des États-Unis comme un facteur de vulnérabilité.

Selon Burack, la Chine travaille depuis longtemps à réduire sa dépendance à l’égard des États-Unis et à renforcer son autonomie technologique. Il estime que les mesures prises par Pékin ne sont pas simplement des représailles, mais font partie d’une stratégie à long terme.

Clark Packard, chercheur au Centre Herbert A. Stiefel d’études sur les politiques commerciales de l’Institut Cato, nuance cette analyse. Il estime que la perception selon laquelle la Chine détient désormais le dessus est exagérée.

« Les décideurs politiques aux États-Unis surestiment la force économique de la Chine. Pékin pense que la puissance mondiale penche en sa faveur, mais ce genre de défaitisme de la part de Washington est exagéré. L’économie chinoise n’est pas aussi forte que beaucoup le pensent. »

Clark Packard, chercheur à l’Institut Cato

Packard souligne les déséquilibres au sein de l’économie chinoise, notamment sa forte concentration sur le secteur manufacturier et son manque de développement de la consommation intérieure. Il ajoute que la Chine est de plus en plus dépendante des exportations et que sa part importante dans le commerce mondial suscite des inquiétudes.

Henrietta Levin, chercheuse principale en études chinoises au Center for Strategic and International Studies, anticipe que Trump et Xi tenteront d’apaiser les tensions lors de leur rencontre, du moins temporairement.

« Les deux parties recherchent une période de stabilité dans leurs relations. Ils pourraient parvenir à un accord limité, mais il reste à déterminer quelles conditions. La Chine est convaincue d’avoir le dessus dans la guerre commerciale et dans les relations plus larges, donc Pékin sera réticent à faire des concessions significatives sans obtenir beaucoup plus en retour. »

Henrietta Levin, chercheuse au Center for Strategic and International Studies

Levin estime que les États-Unis doivent reprendre le contrôle du discours diplomatique et fixer les termes de la relation avec la Chine, plutôt que de simplement réagir aux initiatives de Pékin. Elle souligne la nécessité de résoudre les problèmes économiques structurels qui étaient au cœur de la guerre commerciale.

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