Publié le 2024-02-29 14:35:00. À 89 ans, Noel Anderson, un habitant du comté de Tyrone en Irlande du Nord, perpétue un art ancestral : la fabrication de harpes celtiques. Loin de se reposer sur ses lauriers, cet ancien professeur de menuiserie et de métallurgie se lance dans la création de répliques complexes, témoignant d’une passion inépuisable.
- Noel Anderson est l’un des rares luthiers de harpes en Irlande.
- Il a commencé à fabriquer des harpes à l’âge de 82 ans, après sa retraite.
- Il mesure son travail non pas en heures, mais en tasses de thé consommées.
Noel Anderson ne se considère pas comme un musicien, mais son savoir-faire est reconnu. Il fabrique des harpes principalement pour offrir à ses proches, des cadeaux de mariage ou des présents personnalisés. Il ne vend pas ses créations, estimant que le coût d’une harpe artisanale serait prohibitif.
L’histoire de Noel Anderson a débuté il y a sept ans, sur la suggestion d’un ami. Il a alors transformé son garage et sa remise en un véritable atelier, où il a déjà achevé 18 harpes de différentes tailles. Actuellement, il travaille sur un projet particulièrement ambitieux : une réplique d’une harpe conçue au XIXe siècle par le célèbre luthier John Egan.
« Peu importe mon âge, je me rends au hangar et j’y travaille, parfois pendant dix minutes, parfois pendant 10 heures. »
Noel Anderson, facteur de harpe
La harpe, instrument emblématique de l’Irlande, figure sur les armoiries, les sceaux gouvernementaux et les pièces de monnaie du pays. Si elle reste un symbole culturel fort, elle est aujourd’hui moins présente sur la scène musicale traditionnelle irlandaise, dominée par le violon, la flûte et la cornemuse.
La fabrication d’une harpe est un processus minutieux, qui demande patience et précision. M. Anderson accorde une importance particulière au choix des matériaux. Il utilise principalement du bois dur local, qu’il décrit comme « glorieux », ainsi que des cordes d’origine locale. Il se procure également de l’épicéa de Suisse, réputé pour ses qualités acoustiques exceptionnelles.
« Sélectionner de quoi il sera fait, obtenir votre premier bois, le regarder et dire, ah oui, ce sera parfait. C’est l’un des moments les plus agréables. »
Noel Anderson, facteur de harpe
Selon ses propres estimations, il faut au moins 800 tasses de thé pour achever une grande harpe, et entre 500 et 600 pour une plus petite. Il confie écouter occasionnellement de la musique de harpe, tout en faisant des mots croisés, la trouvant « occasionnellement reposante » et « absolument magnifique ».
M. Anderson déplore la disparition progressive de ce métier d’art. Le coût élevé des matériaux et l’absence de formation professionnelle dans les écoles de métiers contribuent à cette situation. Il exprime le souhait de pouvoir échanger avec d’autres luthiers, afin de partager leurs connaissances et de préserver ce savoir-faire ancestral.
« J’adorerais savoir s’il y a quelqu’un d’autre, nous partagerions nos capacités et tout ça, ce serait formidable. »
Noel Anderson, facteur de harpe

