Publié le 30 octobre 2024 à 10h02. Une consommation modérée de kimchi, le plat national coréen, pourrait contribuer à réduire le risque d’obésité, selon une vaste étude menée auprès de plus de 115 000 adultes. Les chercheurs soulignent l’importance de la modération, car une consommation excessive ne présente pas d’avantages supplémentaires.
- Une étude portant sur plus de 115 000 adultes coréens révèle un lien entre la consommation modérée de kimchi et un risque réduit d’obésité.
- Les hommes consommant entre une et trois portions de kimchi par jour présentent un risque d’obésité inférieur de 10 à 12,5 % par rapport à ceux qui en consomment moins d’une portion.
- Les chercheurs recommandent une consommation quotidienne de 1 à 3 portions de kimchi pour bénéficier de ses effets probiotiques tout en maintenant un régime alimentaire équilibré.
Le kimchi, un mets fermenté à base de chou ou de radis, d’ail, de piment et de sel, est depuis longtemps considéré comme un pilier de la cuisine coréenne. Au-delà de sa saveur piquante, une nouvelle étude suggère que ce plat pourrait avoir des effets bénéfiques sur la santé métabolique et la prévention de l’obésité.
L’étude, menée dans le cadre de l’étude sur les examinateurs de santé (HEXA), a été dirigée par Sangah Shin de l’Université de Chung-Ang et Sung Wook Hong de l’Institut mondial du Kimchi. Les résultats, publiés cette semaine, confirment des hypothèses antérieures sur le rôle des aliments fermentés dans la régulation du poids et de la santé.
Les chercheurs ont analysé les données alimentaires et de santé de 115 726 participants âgés de 40 à 69 ans, collectées entre 2004 et 2013. L’obésité a été définie par un indice de masse corporelle (IMC) de 25 kg/m² ou plus, tandis que l’obésité abdominale était caractérisée par un tour de taille supérieur à 90 cm pour les hommes et à 85 cm pour les femmes.
Les participants ont déclaré leur consommation de kimchi via un questionnaire validé sur la fréquence des aliments, en précisant les variétés consommées, telles que le baechu kimchi (kimchi au chou napa) et le kkakdugi (kimchi au radis en cubes).
L’analyse a révélé une relation en forme de J entre la consommation de kimchi et le risque d’obésité. Cela signifie qu’une consommation modérée s’avère bénéfique, tandis qu’une consommation excessive n’apporte aucun avantage supplémentaire et pourrait même être contre-productive.
Plus précisément, les hommes qui consommaient entre une et trois portions de kimchi par jour présentaient un risque d’obésité significativement plus faible. Ceux qui consommaient 1 à 2 portions avaient un risque inférieur de 12,5 %, tandis que ceux qui en consommaient 2 à 3 avaient un risque réduit de 10,7 %.
Une consommation élevée de baechu kimchi était associée à une réduction de 10 % de l’obésité globale et abdominale chez les hommes. La consommation de kkakdugi, quant à elle, était liée à une diminution de 8 % du risque d’obésité abdominale chez les hommes et de 11 % chez les femmes.
Bien que ces résultats confirment les avantages métaboliques potentiels des légumes fermentés, les chercheurs mettent en garde contre une surconsommation. Ils recommandent une consommation quotidienne de 1 à 3 portions, afin de bénéficier des effets probiotiques du kimchi tout en maintenant une alimentation équilibrée.
Dans un contexte où les taux d’obésité sont en augmentation en Asie, cette étude renforce les preuves suggérant que les aliments fermentés traditionnels pourraient jouer un rôle important dans la santé métabolique. Cependant, il est important de noter qu’il s’agit d’une analyse transversale, qui établit une association et non un lien de causalité. Des recherches longitudinales supplémentaires sont nécessaires pour confirmer si le kimchi prévient directement l’obésité.
Pour de nombreux Coréens, le message est clair : une portion raisonnable de kimchi par jour pourrait bien être un allié pour maintenir un poids sain.
Référence
Jung H et coll. Association between kimchi consumption and obesity based on BMI and abdominal obesity in Korean adults: a cross-sectional study of the Health Examinees. BMJ Open. 2024;14(2):e076650.