Une double épidémie de rougeole et de paludisme a entraîné la mort de 37 enfants depuis le mois d’août dans le district enclavé d’Ifanadiana, situé dans le sud-est de Madagascar. Face à la gravité de cette urgence sanitaire, les autorités ont dépêché des techniciens sur place et intensifié les livraisons médicales par drones.
La situation sanitaire dans le sud-est de Madagascar met à rude épreuve les infrastructures locales, selon le bilan publié par le ministère de la Santé publique malgache. Dans la région de Vatovay et plus particulièrement à Ifanadiana, une double vague épidémique frappe les villages depuis plusieurs semaines, touchant en grande majorité des jeunes enfants de moins de 5 ans.
Bilan des victimes et critiques sur la réactivité des autorités à Ifanadiana
Les données communiquées font état de 37 décès d’enfants recensés depuis le mois d’août dans le district d’Ifanadiana. D’après le ministère de la Santé, une proportion importante de ces jeunes victimes n’avaient jamais reçu de vaccin et présentaient des signes de malnutrition, la majorité d’entre elles étant décédées directement à leur domicile. À Ampasinambo, une commune rurale de la région, la situation reste tendue avec 106 cas de rougeole recensés et 108 tests de diagnostic rapide positifs au paludisme enregistrés depuis le début de la riposte sanitaire en septembre.
Haja Dinah, député du district, fustige un manque de réactivité de l’État malgré des alertes répétées lancées dès le début du mois de septembre. J’ai compris ce qu’il se passait le 9 septembre.
J’en ai avisé le ministère de la Santé, mais dans un premier temps personne n’a voulu y croire.
La gravité des épidémies a été minimisée
, dénonce la parlementaire, soulignant que l’épicentre se trouve à 145 kilomètres de l’hôpital le plus proche, un trajet nécessitant un jour et demi de marche suivi de deux jours de tracteur.
Le recours aux drones des Nations unies pour contourner l’enclavement
Pour parer aux difficultés d’accès de ces zones reculées, où les routes et les chemins de terre compliquent sérieusement le déplacement des soignants et des malades, des solutions aériennes d’urgence ont été déployées. Le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) opère actuellement des vols de drones de transport pour acheminer sérums, vaccins et intrants contre le paludisme vers les localités touchées.
Trois appareils parcourent désormais la distance séparant le chef-lieu de district des zones isolées en tout juste une heure. On a envoyé des sérums, des vaccins, des intrants contre le paludisme.
Au total, 26 vols ont été organisés en l’espace de dix jours.
Interventions sanitaires et analyses en urgence
Du côté de l’exécutif, l’action sur le terrain s’est traduite par l’envoi de 34 techniciens le 18 septembre afin de mener des campagnes de dépistage, de vaccination et de soins auprès des populations affectées.

Les prélèvements réalisés sur place sont analysés en urgence par l’Institut Pasteur afin de préciser la nature exacte des pathologies et d’ajuster les traitements médicamenteux. Les symptômes relevés chez les patients combinent fièvre, diarrhée, rougeur des yeux et détresse respiratoire. Malgré la contestation des élus locaux sur le timing de la riposte initiale, le ministère de la Santé publique assure que la situation est totalement maîtrisée, tandis que les équipes médicales poursuivent les visites à domicile et la distribution de moustiquaires imprégnées.