Besoin d’une soirée cinéma sans frissons ni émotions fortes ? De plus en plus de spectateurs recherchent des films apaisants, loin des blockbusters anxiogènes. Voici une sélection de titres, allant de comédies familiales à des œuvres contemplatives, pour une détente garantie.
Certains films se prêtent particulièrement bien à cette quête de sérénité. Cars (2006), par exemple, offre une intrigue légère centrée sur le monde automobile, où le danger maximal se résume à une rencontre fortuite avec un train. À l’opposé des œuvres plus éprouvantes comme Là-haut, dont les premières minutes sont jugées traumatisantes, ou Le Monde de Nemo, qui aborde le thème douloureux de la perte d’un enfant, Cars propose un divertissement sans heurts.
L’absence de tension ne signifie pas nécessairement un public enfantin. My Dinner with Andre (1981) de Louis Malle, bien que classé avec avertissement pour quelques références sexuelles discrètes, se limite à une conversation entre deux hommes au cours d’un dîner. Si certains le considèrent comme le film le plus ennuyeux jamais réalisé, d’autres y voient une œuvre intellectuelle délibérément lente et contemplative, incapable de troubler le spectateur.
La charmante adaptation des contes classiques mettant en scène un chimpanzé attachant, sans rebondissements dramatiques, offre également un moment de pur divertissement. De même, Le Musée Volé, avec Will Ferrell, suit un homme à la recherche d’un trésor pour sauver un musée, accompagné d’un singe. À moins d’une aversion particulière pour les scènes de peinture projetée, ce film est une source de plaisir inoffensif.
Les films de Wong Kar-wai, souvent empreints d’une atmosphère onirique, pourraient sembler adaptés à cette sélection. Cependant, ils comportent parfois des scènes de violence, comme un accident de voiture dans My Blueberry Nights ou une agression dans Days of Being Wild. In the Mood for Love, en revanche, se distingue par son rythme plus lent et son récit mélancolique de deux personnes liées par l’infidélité de leurs conjoints. Un avertissement sur le site spécialisé “Does the Dog Die?” signale une consommation de nourriture particulièrement bruyante, à prendre en compte.
La Tortue Rouge, film d’animation sans dialogue de Michaël Dudok de Wit, offre une expérience plus sereine. Un homme échoué sur une île voit ses tentatives de fuite contrecarrées par une tortue. Bien que la tortue finisse par mourir, elle renaît sous la forme d’une femme qui tombe amoureuse de l’homme, offrant une histoire touchante et visuellement magnifique.
Le cinéma sud-coréen de Hong Sang-soo se prête également à ce type de visionnage, avec ses films méditatifs où l’action est minimale. On the Beach at Night Alone suit une femme coréenne qui fuit en Allemagne après une rupture amoureuse. L’intrigue peut sembler plus dynamique qu’elle ne l’est en réalité, le moment le plus “choquant” étant une simple élévation de voix de la protagoniste. L’absence de rebondissements est intentionnelle : le film est conçu pour envelopper le spectateur.
Comparé à On the Beach at Night Alone, Everybody Wants Some!! de Richard Linklater pourrait paraître trépidant, avec ses scènes de fêtes, de drogues et d’allusions à la masturbation. Néanmoins, il s’agit d’un film de Linklater, où l’action reste limitée à la vie quotidienne d’une équipe de baseball universitaire. C’est peut-être le film le plus “rythmé” de cette sélection, mais cela reste relatif.
Le Quattro Volte de Michelangelo Frammartino est une œuvre unique, décrite comme « un essai, un poème cinématographique, une exploration spirituelle du temps et de l’espace ». Le film suit un vieil éleveur de chèvres dans les montagnes calabraises, vaquant à ses occupations avec calme et lenteur. Bien qu’il aborde le thème de la mort, il le fait avec une sensibilité qui ne provoque pas d’effroi, mais plutôt une profonde réflexion.
Jiro Dreams of Sushi, documentaire sur un chef de sushis perfectionniste, a inspiré de nombreuses imitations, mais conserve sa qualité. Jiro Ono, propriétaire d’un restaurant de 10 places dans une station de métro de Tokyo, a obtenu trois étoiles Michelin grâce à son dévouement et à sa concentration. Le film capture la joie de voir Jiro préparer ses sushis avec une précision quasi monastique. Bien que son comportement envers son fils puisse être critiqué, l’ensemble reste apaisant.
Les Peanuts, le film adapte fidèlement l’univers de Charles M. Schulz, évitant les gags scatologiques grossiers qui gâchent souvent les adaptations modernes. Charlie Brown, amoureux d’une fille rousse, tente de s’améliorer pour attirer son attention. Le film est empreint d’une sincérité et d’une légèreté qui ne peuvent que séduire.
Richard Linklater, connu pour sa trilogie Before Sunrise, Before Sunset et Before Midnight, offre des moments de cinéma authentiques et sans prétention. Before Sunset, en particulier, explore les complexités de la vie à travers la rencontre de deux anciens amants à Paris. L’absence de rebondissements dramatiques et l’atmosphère intimiste en font un film réconfortant.
Syndromes and a Century d’Apichatpong Weerasethakul, bien que traitant de fantômes, présente des esprits bienveillants et non effrayants. Une scène suggère une relation intime entre une femme et un poisson, mais l’ensemble reste étonnamment doux et lent. Sa place dans cette sélection est discutable, mais son ton général correspond aux critères.
Playtime de Jacques Tati est une œuvre unique, caractérisée par son incroyable conception artistique : Tati a fait construire une ville entière, Tativille, pour le film. Le film suit les aventures de son personnage, Monsieur Hulot, dans un monde moderne et stérile, à travers une série de gags visuels subtils. L’absence de véritable intrigue invite le spectateur à se perdre dans l’univers visuel du film.
The Straight Story de David Lynch, exception dans sa filmographie, raconte l’histoire d’un vieil homme qui traverse l’Amérique à bord d’une tondeuse à gazon pour rendre visite à son frère mourant. Classé U, le film ne contient rien qui puisse choquer les spectateurs, à l’exception d’un accident de voiture hors champ. L’humour et l’émotion que Lynch parvient à insuffler à cette histoire simple sont remarquables.
Paterson de Jim Jarmusch est un film extraordinaire basé sur une prémisse minimaliste : un chauffeur de bus écrit des poèmes et les modifie au fil de ses trajets quotidiens. Bien qu’il contienne quelques moments de tension, comme une altercation avec un homme armé d’un faux pistolet, le film reste une ode à la vie quotidienne et à la beauté des petites choses.
Shaun le mouton : Le film 2 – Farmageddon, bien que plus dynamique que les autres films de cette sélection, offre un divertissement joyeux et intergénérationnel. Shaun accueille un alien tombé du ciel et l’aide à rentrer chez lui. Le film parodie les clichés de la science-fiction, avec une scène mémorable où un alien hyperactif ingère une quantité excessive de sucre.
Marcel the Shell With Shoes On, film d’animation en stop-motion, suit les aventures d’une coquille qui vit une vie simple et paisible. Bien que drôle et touchant, le film aborde également des thèmes mélancoliques. Il répond aux critères de cette sélection, même s’il peut susciter une certaine tristesse.
Enfin, Perfect Days de Wim Wenders, film sur un homme qui passe ses journées à nettoyer des toilettes publiques, est une œuvre d’une beauté surprenante. Le film suit le quotidien de Kōji Yakusho, qui se réveille, s’habille, nettoie les toilettes, déjeune, rentre chez lui et rêve. Le film est une méditation sur la beauté de la simplicité et la joie de vivre l’instant présent.
À ne pas manquer
