Publié le 31 octobre 2025 à 07h05. Des travaux de remblaiement illégaux menacent l’équilibre hydrologique du marais de Boyan, près de Sofia, suscitant des craintes d’inondations futures et une vive inquiétude chez les défenseurs de l’environnement.
- Un avocat alerte sur le comblement illégal d’une vallée fluviale drainant le marais de Boyan.
- Les travaux contredisent les plans d’aménagement et pourraient provoquer des inondations.
- Des signalements ont été déposés auprès des autorités compétentes, mais les travaux se poursuivent.
L’avocat Veselin Tonchev tire la sonnette d’alarme concernant des travaux de remblaiement en cours dans la zone du marais de Boyan. Selon lui, ces opérations illégales, qui consistent à combler une vallée fluviale naturelle, reproduisent un schéma déjà observé dans d’autres complexes côtiers comme Elenite. Cette vallée, identifiée sur des cartes topographiques datant de 1978 et incluse dans les plans d’aménagement de 2007 et 2009, assure le drainage du marais.
Maitre Tonchev explique que les constructeurs ont simplement ignoré l’existence de ce cours d’eau, le comblant pour libérer de l’espace pour de futurs bâtiments résidentiels. Une vérification des projets de construction n’a révélé aucune autorisation de remblayage ou de modification du cours de l’eau.
« Il disparaît, oui – pas documentairement, mais physiquement. Le ravin figure sur le plan cadastral et dans le plan d’aménagement, mais les constructeurs l’ont comblé sur place. »
Veselin Tonchev, avocat
La vallée fluviale en question est essentielle au drainage du marais de Boyan, permettant l’évacuation des eaux en période de fortes pluies ou de montée du niveau du marais. Le comblement de ce lit de rivière est donc considéré comme illégal. Une enquête auprès de la Direction du Bassin a confirmé qu’aucun permis n’avait été délivré pour de tels travaux, soulignant l’importance de préserver le drainage du plan d’eau. De même, aucune autorisation de construction n’a été trouvée dans la zone « Vitosha » autorisant la modification du cours de la rivière.
Les plans de construction prévoient la construction de bâtiments résidentiels sur l’emplacement même de la vallée comblée. Maitre Tonchev dénonce cette situation comme étant totalement illégale. Des signalements ont été déposés auprès de la municipalité de Sofia, du district de Vitosha et de l’architecte en chef de Sofia, accompagnés de photographies, de plans d’aménagement, de cartes topographiques et d’images satellites prouvant l’existence de la vallée avant les travaux.
Les conséquences de la destruction de cette vallée fluviale pourraient être désastreuses pour le marais de Boyan. L’eau, privée de son exutoire naturel, risque de déborder et d’inonder les constructions environnantes.
« L’eau n’a nulle part où aller. Actuellement, le ravin se termine au niveau de la propriété où il est en cours de construction. Une fois le reste rempli, lorsque le niveau du marais augmentera, l’eau se déversera sur la construction elle-même. »
Veselin Tonchev, avocat
Une réunion avec des représentants de la municipalité a déjà eu lieu, portant principalement sur l’interdiction de construire directement sur le marais de Boyan. Des mesures sont en cours pour modifier les plans réglementaires afin d’empêcher de nouvelles constructions dans la zone. Cependant, le cas de cette propriété spécifique, où un permis de construire a été délivré malgré l’illégalité des travaux, reste le principal problème.
Maitre Tonchev appelle à un arrêt immédiat des travaux de remblayage et à la restauration de l’état d’origine de la vallée fluviale, estimant que le maire du district « Vitosha » a le pouvoir de prendre un arrêté à cet effet. Il met en garde contre le risque d’une catastrophe similaire à celle survenue aux Cerfs, où des inondations dévastatrices avaient causé de nombreux dégâts.
« Cette partie des travaux, qui touche le lit de la rivière, doit être arrêtée immédiatement. Le maire du district « Vitosha » a compétence pour prendre un arrêté à cet effet et obliger le constructeur à restaurer l’état d’origine du ravin. »
Veselin Tonchev, avocat
L’avocat espère une réaction rapide des autorités, soulignant qu’il existe quatre motifs suffisants pour arrêter la construction. Il craint que si aucune mesure n’est prise rapidement, il sera trop tard et les travaux auront progressé au point de rendre la situation irréversible. Il s’attend à une réponse d’ici la semaine prochaine.
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