La frustration des supporters de Wolverhampton Wanderers atteint son paroxysme, se traduisant par des chants virulents contre la direction et le propriétaire Jeff Shi. Cette colère, alimentée par une politique de recrutement jugée trop restrictive, s’est exprimée avec force lors des récentes rencontres, mettant en lumière un fossé grandissant entre le club et ses fans.
Les supporters ont laissé éclater leur mécontentement dès la première mi-temps du match contre Burnley, avant d’assister à un retour spectaculaire, puis à une défaite amère face à Wolverhampton, concédant un but dans les dernières secondes. Des slogans tels que « Vous avez vendu l’équipe, vendez maintenant le club » ont résonné dans les tribunes, visant directement Jeff Shi.
Si Fosun, la société propriétaire, ne cèdera pas à la pression populaire, elle est consciente de la nécessité d’écouter les préoccupations des supporters. Acquise pour 45 millions de livres sterling (environ 53 millions d’euros) en 2016, Wolverhampton avait initialement promis d’investir entre 20 et 30 millions de livres sterling (environ 24 à 36 millions d’euros) lors des deux premières années. Cependant, la direction a progressivement réduit ses dépenses ces dernières années.
Jeff Shi avait d’ailleurs souligné il y a six ans l’importance de ne pas dépendre entièrement des fonds de Fosun. Cette réduction des dépenses, ainsi que des efforts pour maîtriser la masse salariale, s’inscrivait dans une stratégie délibérée, après des investissements importants ayant donné des résultats mitigés. Des joueurs comme Matheus Nunes, arrivé de Sporting pour 38 millions de livres sterling (environ 45 millions d’euros) avant de rejoindre Manchester City pour 53 millions de livres sterling (environ 63 millions d’euros) deux ans plus tard, ou Matheus Cunha, dont le transfert depuis l’Atletico Madrid a coûté 43 millions de livres sterling (environ 51 millions d’euros) – un record pour le club – illustrent cette approche.
Le club a désormais adopté un plan de transfert plus conservateur. Les arrivées de Jorgen Strand Larsen, pour 23 millions de livres sterling (environ 27 millions d’euros) après un prêt réussi la saison précédente, et de Ladislav Krejci, pour 26 millions de livres sterling (environ 31 millions d’euros), représentent les investissements les plus importants de l’été.
La masse salariale a également diminué. Des joueurs comme Nelson Semedo, Raul Jimenez et Joao Moutinho percevaient auparavant plus de 100 000 livres sterling (environ 118 000 euros) par semaine. L’arrivée de Pablo Sarabia en 2023, sous Julen Lopetegui, en tant que l’un des joueurs les mieux payés, s’est avérée infructueuse, le joueur n’ayant pas réussi à s’imposer avant son départ en juin.
Fosun souhaite désormais adopter un modèle plus durable, après avoir parfois surpayé ses joueurs. La direction reconnaît qu’il existe une corrélation entre le budget salarial et la position en championnat, mais estime que le véritable défi consiste à recruter de meilleurs joueurs à des prix plus raisonnables. Des renforts sont prévus en janvier, sans pour autant s’agir d’investissements massifs, dans le cadre d’un nouveau cycle pour l’équipe.
Ce changement de cap s’est concrétisé en juin avec le départ de Matt Hobbs, directeur sportif, remplacé par Domenico Teti, qui avait déjà collaboré avec Jorge Mendes à Al-Shabab en Arabie saoudite. Cette transition a légèrement perturbé le mercato estival, mais la direction de Wolverhampton se dit désormais rassurée quant à son organisation.