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Une comète, qui n’est pas 3I/ATLAS, nous a parlé par radio. Des astronomes chinois détectent des signaux inhabituels révélant un secret chimique caché depuis la formation du système solaire

Publié le 1er novembre 2025 à 15h30. Une équipe chinoise a détecté des signaux radio inattendus émanant de la comète 12P/Pons-Brooks, révélant la présence d'ammoniac et offrant de nouvelles pistes pour comprendre ses éruptions ainsi que l'origine de…

Une comète, qui n’est pas 3I/ATLAS, nous a parlé par radio. Des astronomes chinois détectent des signaux inhabituels révélant un secret chimique caché depuis la formation du système solaire

Publié le 1er novembre 2025 à 15h30. Une équipe chinoise a détecté des signaux radio inattendus émanant de la comète 12P/Pons-Brooks, révélant la présence d’ammoniac et offrant de nouvelles pistes pour comprendre ses éruptions ainsi que l’origine de l’eau sur Terre.

  • Des signaux radio inhabituels ont été captés par le radiotélescope Tianma provenant de la comète 12P/Pons-Brooks.
  • Ces signaux révèlent la présence d’ammoniac (NH₃), un composé qui pourrait expliquer les violentes éruptions de la comète.
  • L’analyse de la composition isotopique de l’eau de la comète suggère une similitude frappante avec celle des océans terrestres.

La comète 12P/Pons-Brooks, l’une des plus lumineuses et des plus actives connues, suscite l’attention des astronomes. Récemment, elle a capté l’attention du public en raison de son apparence particulière, souvent comparée à un « diable » cosmique. Mais au-delà de son esthétique singulière, cette comète recèle des secrets sur la formation du système solaire et peut-être même sur l’origine de la vie sur Terre.

C’est une équipe de l’Observatoire astronomique de Chine qui a réalisé cette découverte surprenante. Grâce au radiotélescope Tianma, ils ont détecté la signature spectrale du radical hydroxyle (OH), un fragment issu de la décomposition des molécules d’eau par la lumière solaire. Les calculs indiquent que la comète expulse jusqu’à cinq tonnes de vapeur d’eau par seconde, ce qui en fait l’une des comètes les plus prolifiques jamais observées.

La véritable surprise est venue de la détection d’une fréquence correspondant à l’ammoniac. Il s’agit de la détection la plus éloignée de ce gaz jamais réalisée sur une comète. Sur Terre, l’ammoniac est un gaz irritant, mais dans l’espace, il se présente sous forme de glace extrêmement volatile. Les astronomes pensent que, dans le cas de 12P/Pons-Brooks, des poches d’ammoniac piégées sous la surface se réchauffent à l’approche du Soleil, se subliment brutalement et libèrent de puissants jets de gaz et de poussière. Ces explosions expliquent les augmentations soudaines de luminosité qui caractérisent la comète depuis sa découverte en 1812.

Les comètes sont considérées comme de véritables capsules temporelles, conservant intacts les matériaux qui ont donné naissance au système solaire il y a environ 4,5 milliards d’années. Comme l’explique l’astrophysicien Martin Cordiner du Goddard Center de la NASA,

« Les comètes comme celle-ci sont des reliques gelées de la naissance de notre voisinage cosmique. »

Martin Cordiner, astrophysicien au Goddard Center de la NASA

Parallèlement, une autre équipe d’astronomes, utilisant le télescope ALMA au Chili, a analysé la composition isotopique de l’eau de la comète. Les résultats sont remarquables : le rapport entre l’eau ordinaire (H₂O) et l’eau lourde (HDO) dans 12P/Pons-Brooks est pratiquement identique à celui des océans terrestres. Cette « empreinte chimique » renforce l’hypothèse selon laquelle l’eau terrestre pourrait avoir une origine extraterrestre, apportée par des comètes lors des premiers milliards d’années d’existence de la planète.

Selon Stefanie Milam, co-auteure de l’étude,

« Ces gaz ne se forment pas dans la coma, mais proviennent directement de la glace originelle du noyau : des fragments intacts de la naissance du système solaire. »

Stefanie Milam, scientifique

La combinaison de ces deux résultats – l’eau terrestre et l’ammoniac profond – transforme 12P/Pons-Brooks en un véritable laboratoire naturel pour étudier les origines de la chimie organique. Ces découvertes serviront également de référence pour les futures observations de comètes interstellaires, telles que 3I/ATLAS, qui pourrait révéler si le même langage chimique se retrouve dans différentes régions de la galaxie.

Au-delà des aspects techniques, la comète 12P/Pons-Brooks nous rappelle, dans le silence de l’espace, comment tout a commencé.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.