Publié le 2 novembre 2025 à 03h33. Face à une escalade militaire américaine dans les Caraïbes, le Venezuela de Nicolas Maduro aurait sollicité un soutien militaire auprès de la Russie, de la Chine et de l’Iran, selon des informations du Washington Post. Le Kremlin confirme maintenir des contacts avec Caracas et évoque des « obligations contractuelles ».
- Le Venezuela aurait demandé à la Russie des missiles, des drones, des radars et des systèmes de brouillage.
- La Russie réaffirme son soutien à la souveraineté vénézuélienne et condamne l’utilisation excessive de la force par les États-Unis.
- Un avion de transport russe, soumis à des sanctions américaines, a récemment atterri à Caracas.
La Russie et le Venezuela entretiennent des liens étroits, renforcés par un traité de partenariat stratégique ratifié en octobre dernier par la Douma russe. Ce traité, selon le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Ryabkov, est d’une « importance extrême » au regard des pressions exercées par les États-Unis sur Caracas.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré dimanche que Moscou était en contact avec ses « amis » vénézuéliens et qu’elle avait des « obligations contractuelles » envers eux, en réponse à un article du Washington Post révélant la demande d’aide militaire de Nicolas Maduro. Il a précisé :
« Dans ce cas, nous sommes en contact avec nos amis au Venezuela. Nous avons des obligations contractuelles. »
Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin
Selon le Washington Post, Maduro aurait adressé une lettre au président russe Vladimir Poutine ce mois-ci, sollicitant notamment la modernisation de ses systèmes de défense radar, la réparation d’avions militaires et la fourniture de missiles. L’article, basé sur des documents gouvernementaux américains, fait état d’une escalade des tensions dans la région.
Les États-Unis ont intensifié leur présence militaire dans les Caraïbes et au large des côtes vénézuéliennes, lançant des frappes aériennes contre des navires accusés de trafic de drogue vers les États-Unis. L’administration Trump accuse également le régime de Maduro d’être impliqué dans ce trafic. Le président Trump a nié vendredi avoir prévu des attaques à l’intérieur du Venezuela, malgré des informations selon lesquelles son administration préparait des frappes contre des installations militaires et des sites liés à la drogue. Le Miami Herald a rapporté que la décision d’attaquer des installations militaires vénézuéliennes avait été prise et que des frappes pouvaient intervenir à tout moment, dans le cadre de la campagne américaine contre le cartel de la drogue « Soles ».
Moscou a fermement condamné ce qu’elle qualifie d’« utilisation excessive de la force militaire » par les États-Unis dans la région des Caraïbes. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré :
« Nous condamnons fermement le recours excessif à la force militaire dans la conduite d’opérations antidrogue. »
Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères
Un avion de transport russe Ilyushin Il-76, sanctionné par les États-Unis en 2023 pour son implication dans le commerce des armes, a atterri à Caracas dimanche dernier après avoir emprunté une route aérienne alternative au-dessus de l’Afrique pour éviter l’espace aérien occidental, selon le site Flightradar24. Le Kremlin n’a pas souhaité commenter la lettre adressée par Maduro à Poutine.
Début octobre, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait déjà exprimé sa « profonde inquiétude » face à l’escalade des activités américaines dans les Caraïbes lors d’un appel avec son homologue vénézuélien. La Russie continue de considérer le Venezuela comme un partenaire stratégique et réaffirme son respect de sa souveraineté.
Pour aller plus loin
