Publié le 2025-11-02 03:28:00. L’art d’enseigner et de guider les futurs cardiologues est au cœur d’un débat enrichissant, où l’expérience personnelle et l’empathie se révèlent des atouts essentiels. Des leaders reconnus partagent leurs conseils pour inspirer la prochaine génération de cliniciens.
- L’empathie et la compréhension des difficultés rencontrées par les internes sont cruciales pour un enseignement efficace.
- La distinction entre mentorat et éducation réside dans l’objectif : le mentor est un modèle, tandis que l’éducateur transmet des compétences spécifiques.
- L’importance de l’interactivité et de l’adaptation à l’apprenant sont soulignées pour maximiser l’impact pédagogique.
Former les cardiologues de demain exige bien plus que la simple transmission de connaissances. C’est un art subtil qui repose sur l’expérience, l’empathie et une compréhension profonde des défis rencontrés par les jeunes médecins. Plusieurs figures de proue de la cardiologie partagent leurs réflexions sur l’enseignement et le mentorat, dévoilant les clés d’une formation réussie.
Pour Michelle M. Kittleson, directrice de la formation sur l’insuffisance cardiaque et la transplantation au Smidt Heart Institute de Cedars-Sinai à Los Angeles, l’enseignement est intrinsèquement lié à la mémoire de ses propres difficultés en tant qu’interne. Elle se souvient du fardeau émotionnel et de l’incertitude qui accompagnent cette période de formation. Cette empathie guide sa philosophie pédagogique, qui consiste à aider les autres à tirer des leçons de ses erreurs passées.
« J’ai des opinions bien arrêtées sur à peu près tout, mais j’ai une raison pour avoir ces opinions bien arrêtées. Alors, mettez-moi au défi. Demandez-moi : ‘Pourquoi avez-vous dit que ce devait être du Lasix 20 mg par heure ?’ et je vais vous dire pourquoi. C’est probablement parce qu’il fut un temps où je ne l’avais pas fait et j’ai appris de là que je l’avais mal fait. »
Michelle M. Kittleson, directrice de la formation sur l’insuffisance cardiaque et la transplantation au Smidt Heart Institute de Cedars-Sinai
Kittleson distingue clairement le rôle de mentor de celui d’éducateur. Un mentor est un modèle à suivre, une source d’inspiration, tandis que l’éducateur se concentre sur l’acquisition de compétences spécifiques. Elle souligne l’importance de ne pas avoir peur de dire aux internes ce qu’ils doivent entendre, même si ce n’est pas ce qu’ils veulent entendre, car la vie des patients est en jeu. Elle rappelle également l’importance de replacer chaque enseignement dans le contexte des soins aux patients : « Imaginons que c’était votre proche. Quelle est la meilleure façon de gérer cette situation ? »
Son ouvrage de 2022, Maîtriser l’art des soins aux patients, est né de ses publications quotidiennes sur X (anciennement Twitter) sous le hashtag #kittlesonrules. Elle espère ainsi démocratiser l’accès à l’expérience de mentors exceptionnels.
Dinesh Kalra, chef du département de médecine cardiovasculaire à la faculté de médecine de l’Université de Louisville, met l’accent sur la nécessité de comprendre son public. Il adapte son approche en fonction du niveau de l’apprenant, se demandant constamment ce qu’il aurait voulu savoir à ce stade de sa carrière.
« La clé pour être un éducateur efficace est de se mettre à la place des personnes qui apprennent de vous. »
Dinesh Kalra, chef du département de médecine cardiovasculaire à la faculté de médecine de l’Université de Louisville
Sa philosophie d’enseignement repose sur trois principes : simplifier les concepts complexes, utiliser des outils de communication efficaces (mnémoniques, cas cliniques, récits) et rendre l’apprentissage pertinent en le reliant aux besoins des patients. Il encourage également l’interactivité, en impliquant les apprenants dans un processus d’apprentissage collaboratif.
Renelle George, cardiologue interventionnelle pédiatrique au Nemours Children’s Health à Wilmington, DE, insiste sur le caractère actif de l’apprentissage. Elle a créé Angio Atlas, une plateforme en ligne interactive qui permet aux apprenants de visualiser et d’interpréter des angiographies, quel que soit leur niveau d’expérience. Elle développe également un programme d’apprentissage basé sur la simulation pour le laboratoire de cathétérisme pédiatrique, afin de préparer les jeunes médecins aux procédures complexes.
« Nous sommes occupés sur le plan clinique, nous sommes occupés par la recherche. Mais s’il existe un moyen de consacrer du temps à essayer de prendre soin de la prochaine génération, cela portera ses fruits. »
Renelle George, cardiologue interventionnelle pédiatrique au Nemours Children’s Health
Eric N. Prystowsky, directeur du service d’arythmie cardiaque de l’hôpital Ascension St. Vincent d’Indianapolis, souligne la différence entre l’éducation et le mentorat. L’éducateur transmet des connaissances, tandis que le mentor aide l’apprenant à grandir en tant que personne et à améliorer sa vie. Il insiste sur l’importance d’être disponible et sans jugement, et de consacrer du temps à accompagner les jeunes médecins, même en dehors des heures de travail.
« Vous influencez les gens d’une manière que vous ne réalisez pas simplement en étant disponible ; simplement en étant prêt à leur parler. »
Eric N. Prystowsky, directeur du service d’arythmie cardiaque de l’hôpital Ascension St. Vincent
L’ACC propose une gamme de programmes de développement du leadership conçus pour soutenir la prochaine génération d’éducateurs, de mentors, de dirigeants et de scientifiques en cardiologie. Pour en savoir plus, consultez ces opportunités et visitez ACC.org/Support pour découvrir comment votre don à la Fondation ACC peut contribuer à ces initiatives essentielles.
Sujets cliniques :
Équipe de soins cardiovasculaires
Mots-clés : Magazine de cardiologie, Publications du CAC, Bourses et bourses d’études, Mentorat, Soins aux patients
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