Ce système vise à prolonger la vie opérationnelle de satellites en orbite géostationnaire, notamment pour les opérateurs Optus et SES, grâce à des bras robotiques de 3 mètres.
Le décollage a eu lieu à 17h15 EDT depuis la station Space Force de Cap Canaveral, en Floride. La mission, baptisée MRV-MEP, transporte un véhicule de service robotique et trois modules destinés à être greffés sur des satellites clients. Selon Space.com, ces composants seront opérés par SpaceLogistics, une filiale de Northrop Grumman.
Le fonctionnement des pods MEP et du véhicule MRV
Le Mission Robotic Vehicle (MRV) agit comme un transporteur et un installateur. Équipé de deux bras robotiques de 3 mètres développés par le Naval Research Laboratory (NRL), il doit récupérer les pods MEP pour les fixer sur des satellites cibles en orbite géostationnaire (GEO), à environ 35 786 kilomètres de la Terre.
Cette technologie permet d’ajouter du carburant de manœuvre et de prolonger la durée de vie d’un satellite typique de 2 000 kg jusqu’à huit ans supplémentaires. Le contrôle est assuré par le client via un système de télémétrie et de commande en bande C ou Ku. Spaceflight Now précise que les clients incluent l’entreprise australienne Optus et Intelsat.
L’héritage technique du programme RSGS et de la DARPA
Le système de bras robotiques, officiellement nommé Robotic Servicing of Geosynchronous Satellites (RSGS), est le fruit de deux décennies de recherche. Ce projet a été mené par le NRL avec le soutien financier de la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA). Le concept a évolué depuis les années 2000, passant d’études sur la récupération de satellites (RescueSat) au programme SUMO, puis au projet FREND en 2005.
L’innovation majeure réside dans la capacité du bras à saisir le plan d’interface du véhicule de lancement — l’anneau structurel qui attache le satellite à la fusée — permettant ainsi de manipuler presque n’importe quel engin sans endommager ses instruments sensibles. Après plusieurs phases de maturation, dont le programme Phoenix, la DARPA a sélectionné SpaceLogistics en 2019 pour intégrer le RSGS au véhicule MRV. Space Force.
Une capacité duale : entre maintenance et offensive spatiale
Si la mission officielle est commerciale et technique, la nature même de l’outil soulève des questions stratégiques. Le MRV peut non seulement installer des pods, mais aussi inspecter, déplacer, réparer et mettre à jour des engins spatiaux. Il intègre même un module de ravitaillement passif (PRM), premier standard d’interface approuvé par la U.S. Space Force.
Cette polyvalence est perçue comme une capacité à double usage. Selon TWZ, des bras robotiques pourraient théoriquement être utilisés pour endommager des panneaux solaires, des optiques ou pour éjecter des satellites adverses de leur orbite.
Le sacrifice technique du booster Falcon 9 B1069
Le lancement a marqué la fin de vie d’un des boosters de SpaceX. Contrairement à la majorité des missions Falcon 9, aucun amerrissage du premier étage n’a été tenté. L’effort requis pour envoyer les charges utiles vers l’orbite de transfert géosynchrone a rendu la récupération impossible.
Ce booster, identifié sous le nom B1069, a effectué un total de 32 vols. Son historique comprend le lancement de missions variées :
- La mission CRS-24 de la NASA (21 décembre 2021)
- Le satellite Eutelsat HOTBIRD 13F (15 octobre 2022)
- OneWeb Mission 15 (8 décembre 2022)
- Les satellites SES-18 et SES-19 (17 mars 2023)
- 27 missions Starlink
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