Publié le 24 octobre 2024 18:35:00. L’ancienne procureure générale militaire israélienne, Yifat Tomer-Yerushalmi, a été retrouvée saine et sauve après une disparition inquiétante survenue dans la zone côtière d’Herzliya, sur fond de controverses liées à une vidéo révélant des abus en détention.
- Yifat Tomer-Yerushalmi a été retrouvée après avoir contacté son mari, mettant fin à des heures d’inquiétude.
- Sa disparition intervient après sa démission controversée suite à la diffusion d’une vidéo choquante montrant des mauvais traitements infligés à un prisonnier.
- Une enquête pénale est en cours concernant la fuite de cette vidéo, et des tensions politiques entourent la gestion de l’affaire par le ministère de la Justice.
L’ancienne procureure générale militaire israélienne, Yifat Tomer-Yerushalmi, a été retrouvée saine et sauve ce jeudi soir, a annoncé la police israélienne dans un communiqué. Les recherches avaient été lancées plus tôt dans la journée dans la région côtière d’Herzliya, et l’armée s’était jointe aux opérations après la découverte de son véhicule sur la plage de Cliff, au nord de Tel Aviv.
Selon des informations diffusées par la chaîne de télévision publique israélienne Kann, les autorités avaient également découvert une note laissant supposer un possible suicide. Cependant, la police a confirmé que Mme Tomer-Yerushalmi a finalement contacté son mari à la tombée de la nuit, mettant fin à l’inquiétude générale.
La disparition de l’ancienne procureure survient dans un contexte de vives tensions liées à sa démission, annoncée vendredi dernier. Yifat Tomer-Yerushalmi avait alors admis avoir divulgué à la presse, l’été dernier, une vidéo compromettante montrant des gardes du centre de détention de Sde Teiman en train de torturer et de maltraiter un prisonnier. Cette fuite d’informations avait déclenché une polémique majeure, l’armée ayant initialement privilégié l’enquête sur la source de la fuite plutôt que sur les actes de torture eux-mêmes.
Selon des sources proches de l’affaire, Mme Tomer-Yerushalmi aurait quitté son poste pour dénoncer les pressions exercées par des ministres d’extrême droite, des journalistes et des personnalités politiques israéliennes, qui cherchaient à entraver les investigations du parquet militaire concernant les arrestations et les conditions de détention à Sde Teiman. Un procureur militaire est en effet chargé de poursuivre et d’enquêter sur les violations du droit international au sein des forces armées israéliennes.
Mercredi, l’armée a annoncé l’ouverture d’une enquête pénale sur la fuite de la vidéo dans les médias, suspectant des personnes proches du commandant de la police et de hauts responsables du bureau du procureur général militaire d’avoir partagé les images avec la Douzième chaîne. Parallèlement, le ministre de la Justice, Yariv Levin, tente d’empêcher la procureure générale israélienne, Gali Baharav-Miara – que le Premier ministre Netanyahu souhaite d’ailleurs destituer en raison de ses nombreuses décisions allant à l’encontre de sa politique – de diriger cette enquête. Cependant, Mme Baharav-Miara a affirmé, dans une lettre, que le ministère n’avait “pas le pouvoir” de s’opposer à son rôle.
La vidéo en question, pour laquelle cinq soldats à la retraite ont été inculpés l’été dernier, montre des soldats de la prison de Sde Teiman isolant un détenu dans un coin et l’encerclant de boucliers anti-émeutes afin de dissimuler leurs actions, avant de lui infliger des sévices sexuels à l’aide d’un objet pointu. L’organisation non gouvernementale israélienne Médecins pour les droits de l’homme avait alors révélé que le prisonnier palestinien victime de ces abus avait été hospitalisé dans un état critique, souffrant de graves blessures aux parties supérieures du corps et d’une lésion grave au rectum.
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