Publié le 2024-02-29 10:00:00. La Commission de la concurrence et de la protection des consommateurs (CCPC) tire la sonnette d’alarme face à une vague de plaintes concernant les travaux de rénovation, de construction et d’entretien domiciliaire, et rappelle fermement les obligations légales des professionnels.
- Plus de 1 250 consommateurs ont contacté la CCPC au premier semestre 2024 pour signaler des problèmes liés à ces services, faisant de ce secteur le deuxième plus gros motif d’appel.
- Les litiges portent principalement sur le refus des artisans de résoudre les problèmes, les retards de chantier et les factures finales exorbitantes.
- La CCPC a envoyé une lettre ouverte à l’ensemble des professionnels du secteur et contacté directement près de 3 000 entreprises pour leur rappeler leurs devoirs envers les consommateurs.
La Commission de la concurrence et de la protection des consommateurs (CCPC) a constaté une augmentation significative des plaintes concernant les services d’entretien, de construction et d’amélioration de l’habitat. Au cours des six premiers mois de l’année 2024, près de 1 250 consommateurs ont sollicité l’aide de la CCPC, faisant de ce domaine le deuxième principal sujet de préoccupation exprimé auprès de sa ligne d’assistance nationale.
Les griefs les plus fréquemment rapportés concernent le manque de réactivité des artisans face aux problèmes rencontrés par les clients, des délais de réalisation des travaux non respectés et des facturations finales largement supérieures aux devis initiaux. Un cas particulièrement révélateur a été signalé concernant un plombier dont les interventions ont causé des fuites importantes, affectant à la fois le toit et la salle de bain d’un particulier, tout en rendant sa baignoire inutilisable. Malgré les tentatives répétées du client pour obtenir une prise en charge des dégâts, l’artisan a catégoriquement refusé d’assumer sa responsabilité.
Un autre litige concerne un électricien mandaté pour installer une nouvelle installation électrique dans une cuisine. Le professionnel a d’abord refusé de fournir un devis clair et précis, avant de proposer, après insistance, un prix oscillant entre 800 € et 1 500 €. Or, une fois les travaux achevés, le client s’est vu présenter une facture de 2 500 €. De plus, l’installation laissait apparaître huit trous béants dans les murs et des fils électriques exposés. Face aux protestations du client concernant les frais imprévus et la qualité du travail, l’électricien a coupé toute communication.
Pour faire face à cette situation, la CCPC a adressé une lettre ouverte à l’ensemble des professionnels du secteur et a contacté directement près de 3 000 entreprises à travers le pays. L’objectif est de leur rappeler leurs obligations légales, telles que définies par la loi irlandaise sur les droits des consommateurs de 2022.
Cette loi impose notamment aux artisans de fournir des informations précontractuelles complètes et transparentes, incluant leurs coordonnées et le prix total des travaux (TVA comprise), ou, à défaut, une méthode de calcul claire et précise. Ils doivent également garantir que les services rendus correspondent aux attentes raisonnables des consommateurs et aux termes convenus. Enfin, ils sont tenus de proposer des solutions en cas de non-conformité des prestations.
Selon Patrick Kenny, de la CCPC, les problèmes liés au secteur de la construction et de la rénovation domiciliaire sont « systématiquement l’un des principaux moteurs d’appels à notre ligne d’assistance et peuvent être très coûteux pour les consommateurs ».
« Les consommateurs en Irlande et dans toute l’Europe ont des droits importants en matière de contrats de service et il est important qu’ils le sachent, mais il est tout aussi important que les commerçants qui leur fournissent le service soient conscients de leurs responsabilités en vertu de la loi. »
Patrick Kenny, CCPC
La CCPC a également contacté diverses associations professionnelles pour les sensibiliser aux obligations de leurs membres et leur fournir des directives claires sur la manière de gérer les litiges. L’organisme de surveillance insiste sur le fait que le non-respect de la loi peut entraîner des sanctions.
Pour aller plus loin
