Home SantéPlus qu’il n’y paraît : une tumeur de la glande surrénale est plus complexe qu’on ne le pensait auparavant

Plus qu’il n’y paraît : une tumeur de la glande surrénale est plus complexe qu’on ne le pensait auparavant

by Sophie Martin

Des tumeurs surrénaliennes, longtemps considérées comme simples causes d’hypertension, révèlent une complexité insoupçonnée. Une équipe de chercheurs de l’Université de Kyushu a identifié au moins quatre types de cellules distinctes au sein des adénomes producteurs d’aldostérone (APA), ouvrant de nouvelles perspectives pour le traitement de cette affection.

Les APA, tumeurs bénignes des glandes surrénales situées au-dessus des reins, sont une cause fréquente d’aldostéronisme primaire, une forme d’hypertension artérielle touchant entre 5 et 10 % des patients hypertendus. Ces derniers présentent un risque accru de complications cardiaques et vasculaires. Sans traitement, l’aldostéronisme primaire peut entraîner des maladies cardiaques, du diabète et une fragilisation osseuse.

Jusqu’à présent, la seule solution curative pour les APA reste l’ablation chirurgicale de la tumeur, une approche inchangée depuis des décennies. « Pour développer de nouvelles options thérapeutiques, comme des traitements médicamenteux, il est crucial de comprendre le fonctionnement de ces tumeurs au niveau moléculaire et les interactions entre leurs différents types de cellules », explique la professeure adjointe Maki Yokomoto-Umakoshi, du département des maladies endocriniennes et métaboliques de l’hôpital universitaire de Kyushu.

L’étude, publiée dans la revue PNAS la semaine du 24 février, s’est concentrée sur les APA résultant d’une modification du gène KCNJ5, présente dans 40 à 70 % des cas. Cette mutation est souvent associée à des tumeurs plus volumineuses, se développant plus tôt et provoquant des symptômes plus sévères que ce qui pourrait être expliqué uniquement par une surproduction d’aldostérone.

Grâce à des techniques d’analyse de pointe, les chercheurs ont découvert que les APA ne se composent pas uniquement de cellules productrices d’aldostérone. Ils ont identifié la présence de cellules produisant du cortisol, l’hormone principale du stress, ainsi que des cellules de type stromal favorisant la croissance tumorale. De plus, ils ont constaté une concentration plus élevée de macrophages associés aux lipides, des cellules immunitaires qui pourraient influencer la production d’hormones et la progression de la tumeur.

« Ces tumeurs contiennent une diversité de cellules productrices d’hormones qui peuvent affecter la santé du patient de multiples façons, allant au-delà de l’hypertension artérielle, en incluant des symptômes liés à un excès de cortisol, comme une fragilisation osseuse », précise Yokomoto-Umakoshi.

L’équipe, dirigée par le professeur Yoshihiro Ogawa de l’Université de Kyushu et en collaboration avec les universités d’Osaka, de Kyoto et de Tokyo, prévoit d’étendre ces analyses à d’autres types d’APA et à d’autres tumeurs hormonales. Ils espèrent que ces découvertes permettront de cibler spécifiquement les macrophages associés aux lipides ou l’excès de cortisol, ouvrant ainsi la voie à de nouveaux traitements médicamenteux.

« Maintenant que nous en savons davantage sur les APA, de nouvelles stratégies thérapeutiques prometteuses se dessinent », conclut Yokomoto-Umakoshi.

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