Une plaisanterie inattendue sur la sécurité des téléphones Xiaomi a détendu l’atmosphère lors de la rencontre entre le président sud-coréen Lee Jae-myung et son homologue chinois Xi Jinping, ce week-end à Gyeongju. Cette rencontre, la première visite de Xi Jinping en Corée du Sud depuis 2014, s’inscrit dans une démarche de rapprochement de Séoul avec Pékin, malgré les tensions géopolitiques croissantes.
L’échange a pris une tournure surprenante lors d’un échange de cadeaux. Outre des outils de calligraphie traditionnelle, Xi Jinping a offert à Lee Jae-myung deux smartphones Xiaomi, une marque chinoise dont les écrans sont paradoxalement fabriqués en Corée du Sud. Saisissant l’un des appareils, le président Lee Jae-myung a alors demandé à Xi Jinping, avec une pointe d’ironie, si la ligne était sécurisée, sous-entendant une possible surveillance.
La réponse du dirigeant chinois n’a fait qu’ajouter au caractère singulier de l’instant. « Vous pouvez vérifier s’il y a une porte dérobée », a-t-il répondu, utilisant un terme informatique désignant un logiciel permettant la surveillance d’un téléphone par un tiers. Les deux présidents ont éclaté de rire, un moment rare pour Xi Jinping, connu pour sa réserve en public.
Cet épisode, rapporté lundi 3 novembre par le quotidien Séoul Shinmun, a suscité un vif intérêt médiatique. « Xi éclate de rire après la blague de Lee sur la sécurité des téléphones Xiaomi », titrait le journal. Il témoigne des efforts déployés par le nouveau président sud-coréen pour consolider les relations avec la Chine, un enjeu majeur pour Séoul, qui cherche à équilibrer son alliance de longue date avec les États-Unis et ses liens croissants avec Pékin.
Selon Kim Nam-jun, porte-parole du président sud-coréen, « Des cérémonies d’accueil et échanges de cadeaux, aux banquets et spectacles culturels, les deux dirigeants ont eu de multiples occasions de discuter et de nouer des liens personnels. Sans ces liens, ce genre de plaisanterie n’aurait pas été possible. »
Cette tentative de rapprochement se déroule toutefois dans un contexte de montée du sentiment anti-chinois en Corée du Sud. Avant la rencontre avec Xi Jinping, des milliers de manifestants de droite avaient envahi le centre de Séoul, brandissant des pancartes proclamant « La Corée pour les Coréens » ou exigeant le départ de la Chine.
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