Publié le 4 novembre 2025 à 19h30. Face à une offre de voyages pléthorique et une quête d’expériences uniques, les jeunes adultes se tournent de plus en plus vers les agences de voyages pour organiser leurs déplacements, un phénomène qui profite aux agents indépendants.
- Le nombre d’agences de voyages a augmenté de 34 % au cours des dix dernières années aux Pays-Bas.
- Les jeunes adultes (18-34 ans) sont plus susceptibles de faire appel à un conseiller en voyages que les générations plus âgées.
- Les agences de voyages indépendantes, spécialisées dans des niches comme les voyages nature ou le cyclotourisme, connaissent un essor particulier.
Les jeunes adultes recherchent de plus en plus un accompagnement personnalisé pour leurs voyages, ce qui se traduit par un regain d’intérêt pour les agences de voyages, selon un rapport récent d’ABN Amro sur le secteur du tourisme. Les experts soulignent que ces agences jouent un rôle crucial dans la réduction de l’incertitude et la création d’expériences mémorables.
Les chiffres de Statistics Nederland confirment cette tendance : le nombre d’agences de voyages a progressé de 34 % au cours de la dernière décennie. Paradoxalement, cette croissance s’accompagne d’une diminution du nombre d’agences de voyages traditionnelles dans les rues commerçantes, en baisse de 50 % selon l’étude de marché Locatus.
Le rapport d’ABN Amro se concentre sur deux groupes d’âge : les 18-24 ans et les 25-34 ans. Il en ressort que ces jeunes ont plus souvent recours à un conseiller en voyages que les tranches d’âge supérieures. Près de 12 % des 18-24 ans font appel à ce type de service, un chiffre comparable à celui des personnes de plus de 65 ans, qui privilégient cependant les agences physiques, tandis que les jeunes préfèrent les conseillers indépendants.
Selon la banque, on assiste à une multiplication des agences de voyages indépendantes, souvent appelées « agents de voyages ». Ces professionnels se spécialisent fréquemment dans des types de voyages spécifiques, comme les séjours nature en Islande ou les vacances à vélo en Espagne.
« Ces agents adaptent vraiment l’expérience à la personne. Les jeunes sont exposés à de nombreux voyages via les réseaux sociaux, mais cela les stresse également face aux choix. Ils recherchent donc une agence de voyages pour organiser un voyage unique. »
Ward van der Stee, analyste sectoriel chez ABN Amro
La confiance que peut inspirer un agent de voyages est également un facteur déterminant. « Je pense qu’on ne réserverait pas un voyage en Italie par l’intermédiaire d’une organisation impersonnelle, mais il n’est pas si facile de se rendre en Chine sans l’aide d’une personne de confiance sur place », explique Ward van der Stee.
Jacqueline den Dunnen est elle-même agent de voyages et aide ses clients à organiser des voyages vers des destinations variées à travers le monde. Elle constate une augmentation de la demande de la part des jeunes. Certains viennent préparer un voyage après l’obtention de leur diplôme, d’autres recherchent simplement une expérience différente et sont prêts à y consacrer un budget plus conséquent.
« Un garçon est récemment venu me voir alors qu’il partait pour la première fois en vacances seul avec sa petite amie. »
Jacqueline den Dunnen, agent de voyages
Le coût d’un voyage peut varier considérablement : à partir de 600 euros pour deux semaines en Albanie, il peut facilement atteindre 2 500 euros pour un séjour en Australie. « Les jeunes épargnent souvent pour financer ces voyages, parfois en empruntant, mais ils bénéficient également souvent de l’aide financière de leurs parents », précise Jacqueline den Dunnen.
Jan van der Borg, professeur de tourisme à l’Université de Louvain, met en avant l’importance d’être accompagné par une agence de voyages, notamment en matière de sécurité. « Si vous voyagez dans une région à risque d’inondation, vous êtes livré à vous-même, mais avec une agence de voyages, vous disposez d’un filet de sécurité sur lequel vous pouvez compter. » Un agent de voyages est également en mesure d’identifier les risques potentiels et les zones à éviter.
Jacqueline den Dunnen offre à ses clients la possibilité de la contacter pendant leur voyage en cas de problème. « La différence avec une grande agence de voyages est que le seuil pour me contacter est très bas. Les clients ont souvent besoin d’un interlocuteur de confiance et apprécient vraiment cet aspect. »
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