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L’accélération non gravitationnelle de la comète 3I/ATLAS qui éveille les soupçons des scientifiques : « La physique est à court d’excuses »

Publié le 4 novembre 2025 à 20h25. Une comète interstellaire, baptisée 3I/ATLAS, défie les lois de la physique en modifiant sa trajectoire sans cause gravitationnelle apparente, suscitant l'étonnement et les interrogations des scientifiques. La comète 3I/ATLAS, d'une taille…

L’accélération non gravitationnelle de la comète 3I/ATLAS qui éveille les soupçons des scientifiques : « La physique est à court d’excuses »

Publié le 4 novembre 2025 à 20h25. Une comète interstellaire, baptisée 3I/ATLAS, défie les lois de la physique en modifiant sa trajectoire sans cause gravitationnelle apparente, suscitant l’étonnement et les interrogations des scientifiques.

  • La comète 3I/ATLAS, d’une taille estimée entre 10 et 30 kilomètres, est la plus grande jamais observée provenant d’un autre système stellaire.
  • Elle se déplace à une vitesse impressionnante de plus de 210 000 km/h et a récemment changé de trajectoire de manière inexpliquée.
  • Les scientifiques sont divisés sur l’origine de cette anomalie, certains évoquant des processus naturels inconnus, d’autres n’excluant pas une origine artificielle.

La comète 3I/ATLAS, découverte en juillet dernier, n’a cessé de surprendre les astronomes. Initialement perçue comme un visiteur interstellaire atypique, à l’instar de Borisov ou d’ʻOumuamua, elle s’avère bien plus déconcertante que prévu. Sa taille, estimée entre 10 et 30 kilomètres, en fait la plus grande comète interstellaire observée à ce jour. Mais ce n’est pas sa dimension qui intrigue le plus : c’est son comportement.

La comète se déplace à une vitesse fulgurante, dépassant les 210 000 km/h, comme si elle était pressée de regagner son système d’origine. Plus troublant encore, elle a récemment modifié sa trajectoire sans que la gravité ne puisse en expliquer le mécanisme. En théorie, les comètes suivent une trajectoire dictée par les forces gravitationnelles, comme des véhicules autonomes sur une autoroute cosmique. Or, 3I/ATLAS a dévié de cette route.

L’explication avancée par les scientifiques est celle d’un « effet fusée ». Lorsque le Soleil chauffe la glace composant la comète, celle-ci éjecte du gaz et de la poussière, créant une poussée qui modifie légèrement sa trajectoire. Cependant, l’ampleur de cette poussée observée est disproportionnée. Pour justifier le changement de cap, la comète aurait dû perdre environ un sixième de sa masse en quelques semaines. Or, aucun nuage de gaz correspondant à cette perte de masse n’a été détecté.

Pour illustrer l’anomalie, on pourrait comparer la situation à une voiture de 1 000 kilos qui perdrait 160 kilos en quelques jours pour changer de voie. Dans le cas de 3I/ATLAS, cela impliquerait l’éjection de millions de tonnes de glace et de poussière. Une telle éjection se traduirait normalement par la formation d’un vaste nuage lumineux autour de la comète, visible même avec des télescopes modestes. Pourtant, même les instruments les plus puissants, comme le télescope spatial James Webb, n’ont pas détecté de nuage de gaz suffisant pour expliquer la déviation observée. C’est comme si une voiture perdait du poids sans que rien ne se détache de sa carrosserie.

Cette anomalie suscite l’inquiétude et la curiosité des scientifiques. Avi Loeb, astrophysicien à l’Université Harvard, connu pour ses prises de position audacieuses, a déclaré :

« Si ce nuage n’apparaît pas en décembre, la physique traditionnelle n’aura plus d’excuses. »

Avi Loeb, astrophysicien à l’Université Harvard

Loeb avait déjà fait sensation avec ʻOumuamua, en suggérant qu’il pourrait s’agir d’une technologie extraterrestre. Il ajoute :

« Je ne dis pas que c’est un vaisseau, mais si nous ne trouvons pas d’explication, nous devrons envisager des solutions inhabituelles. »

Avi Loeb, astrophysicien à l’Université Harvard

La comète 3I/ATLAS continue de présenter des caractéristiques singulières. En juillet, elle affichait une queue pointant vers le Soleil, une configuration inhabituelle pour une comète. En octobre, lors de son passage au périhélie (le point de son orbite le plus proche du Soleil), elle est apparue plus bleue que notre étoile, un phénomène sans précédent. De plus, sa luminosité a soudainement augmenté, comme si quelqu’un avait augmenté le volume sonore. Les analyses spectrales révèlent des émissions dominées par le carbone et des traces de nickel ionisé, des éléments rarement observés sur les comètes du système solaire. Ces particularités suggèrent que la comète s’est formée dans un environnement très différent du nôtre, peut-être aux confins glacés d’un autre système stellaire.

Le débat scientifique est en cours. Certains chercheurs mettent en avant l’importance de l’accélération non gravitationnelle, qu’ils jugent trop importante pour être expliquée par un simple dégazage. D’autres soulignent la composition exotique de la comète, suggérant que la présence de plus de dioxyde de carbone que d’eau pourrait modifier sa dynamique. D’autres encore appellent à la prudence, estimant qu’il n’y a aucune preuve de propulsion artificielle et que nous assistons probablement à des processus naturels que nous ne comprenons pas encore bien. La NASA, par exemple, estime que le nuage de gaz pourrait apparaître plus tard, ou que la matière éjectée pourrait être invisible à certaines longueurs d’onde. Comme l’a souligné Karen Meech, une experte de l’étude des objets interstellaires :

« La science n’a pas besoin des extraterrestres pour être fascinante. »

Karen Meech, vétéran de l’étude des objets interstellaires

Le prochain rendez-vous est fixé au 11 novembre, date à laquelle la comète sera à nouveau visible avant l’aube. Mais la date clé est le 19 décembre, lorsque la comète atteindra son point le plus proche de la Terre, à environ 269 millions de kilomètres. Ce jour-là, nous saurons si le nuage de gaz tant attendu apparaîtra, confirmant l’hypothèse d’une origine naturelle, ou si le mystère s’épaissira. Comme l’a déclaré un chercheur du Jet Propulsion Laboratory (JPL), avec une pointe d’étonnement :

« Cette comète nous apprend que l’univers réserve encore bien des surprises. »

Chercheur du JPL

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Dans l’espace, les règles sont parfois faites pour être transgressées. La comète 3I/ATLAS vient de le prouver. Si le nuage de gaz tant attendu ne se manifeste pas en décembre, la science devra revoir ses fondements. Et lorsque ce sera le cas, cette comète aura déjà disparu, s’éloignant à jamais dans l’immensité cosmique. Son orbite hyperbolique la condamne à un voyage sans retour. Si nous ne perçons pas ses secrets aujourd’hui, ils seront perdus à jamais.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.