Home Nouvelles“Je suis plus conservateur qu’on ne le pense” : Colbert s’oppose à la perception “de gauche”

“Je suis plus conservateur qu’on ne le pense” : Colbert s’oppose à la perception “de gauche”

by Nicolas Lefèvre

Stéphane Colbert, l’animateur emblématique de l’émission de fin de soirée de CBS, a exprimé sa surprise face à la perception publique de ses opinions politiques, se décrivant comme plus conservateur que ce que l’on imagine. L’annonce de l’arrêt de son émission, prévue pour mai prochain, a également suscité des interrogations sur les raisons de cette décision.

Dans une interview accordée à GQ, Colbert a expliqué que ses réactions souvent vives à l’actualité sous la présidence de Donald Trump ont pu le faire apparaître comme une figure de gauche. « Les gens me perçoivent comme une sorte de figure de gauche ; je pense que je suis plus conservateur qu’on ne le pense. Je parle justement d’un gouvernement in extremis », a-t-il déclaré. Il a précisé que son rôle consistait à offrir une réaction immédiate aux événements, comparant ses monologues à un cri de protestation, mais avec humour.

L’annulation de son émission, survenue quelques jours après une plaisanterie sur un règlement de litige impliquant la société mère de CBS, a alimenté les spéculations. Colbert s’est refusé à établir un lien direct entre les deux événements, se contentant de juger « raisonnable » que l’on puisse en tirer cette conclusion. Il a toutefois souligné que son émission restait la plus regardée de la tranche horaire de la fin de soirée au moment de l’annonce.

« La meilleure raison d’être numéro un, c’est que la chaîne ne vous embête pas. C’est la meilleure raison d’être numéro un. Et nous avons profité de neuf années sans rien faire », a-t-il ironisé.

Colbert a également abordé les contraintes économiques qui pèsent sur les émissions de fin de soirée, les comparant à des orchestres symphoniques nécessitant un personnel important. « Ces spectacles de fin de soirée sont un peu comme des orchestres symphoniques. Ils ont besoin d’un certain nombre de personnel pour les faire. Vous ne pouvez pas vraiment faire un spectacle au Ed Sullivan Theatre… pour le prix d’un podcast », a-t-il expliqué. Il comprend néanmoins les préoccupations des dirigeants de réseau face aux coûts, reconnaissant que ces émissions peuvent sembler superflues du point de vue financier.

Concernant la fin de son émission, Colbert a admis ne pas savoir comment l’aborder. « L’image que j’ai est celle d’un homme marchant vers moi au crépuscule et il a quelque chose dans la main, et je ne sais pas si c’est un couteau ou un cornet de glace, mais il me demande si j’aimerais qu’on le lèche », a-t-il confié, illustrant son incertitude et son trouble face à cette nouvelle étape.

Malgré une certaine appréhension, Colbert se dit prêt à « remettre un peu d’oxygène dans mon cerveau » et exprime un « sentiment de soulagement » à l’idée de ne plus avoir à « mettre le tuba et d’aller dans les égouts tous les jours ». Il reconnaît cependant que la fin de son émission laissera un vide, avouant qu’il manquera tous les aspects de son travail, à l’exception du maquillage.

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