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La géo-ingénierie solaire entre de mauvaises mains pourrait causer des ravages climatiques, préviennent les scientifiques | Géoingénierie

Publié le 2025-11-05 00:02:00. Une étude de la Royal Society met en garde contre les risques potentiels de la géo-ingénierie solaire, une technologie envisagée pour lutter contre le réchauffement climatique, qui pourrait déstabiliser les écosystèmes et exacerber les…

La géo-ingénierie solaire entre de mauvaises mains pourrait causer des ravages climatiques, préviennent les scientifiques | Géoingénierie

Publié le 2025-11-05 00:02:00. Une étude de la Royal Society met en garde contre les risques potentiels de la géo-ingénierie solaire, une technologie envisagée pour lutter contre le réchauffement climatique, qui pourrait déstabiliser les écosystèmes et exacerber les phénomènes météorologiques extrêmes si elle était déployée de manière unilatérale. L’étude souligne la nécessité d’une approche globale et coordonnée si l’on devait envisager de recourir à ces techniques.

  • La géo-ingénierie solaire, si mise en œuvre de manière isolée, pourrait intensifier les ouragans de l’Atlantique Nord, provoquer la dégradation de la forêt amazonienne et engendrer des sécheresses en Afrique.
  • Un déploiement à l’échelle mondiale et coordonné pourrait potentiellement réduire les températures, mais ne saurait remplacer la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre.
  • La recherche sur la géo-ingénierie divise la communauté scientifique, certains y voyant une solution d’urgence, d’autres un pari risqué qui pourrait encourager l’inaction climatique.

La géo-ingénierie solaire, ou modification du rayonnement solaire (MRS), suscite un débat croissant alors que le monde peine à respecter ses engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Une nouvelle étude de la Royal Society du Royaume-Uni dresse un état des lieux des risques et des bénéfices potentiels de cette technologie controversée, qui vise à réfléchir une partie du rayonnement solaire vers l’espace afin de refroidir la planète.

Le rapport met en garde contre les conséquences imprévisibles d’un déploiement unilatéral de la géo-ingénierie. Selon les chercheurs, injecter du dioxyde de soufre (SO2) dans la stratosphère uniquement dans l’hémisphère sud pourrait augmenter la fréquence et l’intensité des ouragans dans l’Atlantique Nord. Un déploiement ciblé sur l’hémisphère nord pourrait, quant à lui, provoquer des sécheresses dans la région du Sahel en Afrique du Nord, tandis qu’une intervention limitée aux tropiques pourrait assécher le bassin méditerranéen.

L’éclaircissement des nuages marins, une autre technique envisagée, n’est pas sans risque. Une intervention limitée au sud-est de l’Atlantique pourrait entraîner le dépérissement de la forêt amazonienne, libérant ainsi d’énormes quantités de carbone dans l’atmosphère. Un déploiement ciblé dans le Pacifique oriental pourrait provoquer un phénomène La Niña particulièrement intense, aux conséquences climatiques mondiales.

« Il ne s’agit pas de savoir si [la géo-ingénierie solaire] est sûre, car elle ne l’est clairement pas sans risques. »

Professeur Keith Shine, Université de Reading

Le professeur Shine souligne toutefois qu’un moment pourrait arriver où les risques liés à la géo-ingénierie seraient jugés moins importants que ceux d’un réchauffement climatique non maîtrisé. Il insiste sur la nécessité d’une stratégie scientifique rigoureuse, coordonnée à l’échelle mondiale et approuvée au niveau international pour éviter des impacts climatiques régionaux indésirables.

La recherche sur la géo-ingénierie divise la communauté scientifique. Certains estiment qu’il est crucial de poursuivre les études pour mieux comprendre les effets potentiels de ces technologies, au cas où elles deviendraient nécessaires. D’autres craignent que des recherches plus approfondies n’encouragent l’utilisation de la géo-ingénierie, en la présentant comme une solution rapide à la crise climatique. Une opinion partagée par certains qui redoutent que cela ne détourne l’attention de la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

L’étude de la Royal Society examine deux techniques de géo-ingénierie considérées comme les plus réalisables : l’injection de dioxyde de soufre dans la stratosphère et l’éclaircissement des nuages marins. L’injection de SO2 imite l’effet refroidissant des éruptions volcaniques, comme celle du mont Pinatubo aux Philippines en 1992, qui a abaissé la température mondiale d’environ 0,5 °C pendant quelques années. Pour un programme de géo-ingénierie à grande échelle, il faudrait injecter entre 8 et 16 millions de tonnes de SO2 par an.

L’éclaircissement des nuages marins consiste à pulvériser des particules de sel marin dans la basse atmosphère pour favoriser la formation de nuages réfléchissants. Ce phénomène se produit déjà naturellement avec les traînées de nuages créées par la pollution des navires.

Les scientifiques rappellent que la géo-ingénierie ne peut qu’atténuer les symptômes de la crise climatique, et non s’attaquer à sa cause profonde : la combustion des combustibles fossiles. La géo-ingénierie ne doit donc être envisagée que comme un complément à la réduction des émissions, et non comme un substitut.

De plus, une interruption brutale de la géo-ingénierie, sans réduction significative des émissions, pourrait entraîner une augmentation rapide des températures – de 1 à 2 °C en quelques décennies – avec des conséquences désastreuses pour les populations et les écosystèmes incapables de s’adapter rapidement.

Plusieurs entreprises privées ont déjà levé des millions de dollars pour poursuivre leurs propres recherches en matière de géo-ingénierie. Ces initiatives privées suscitent des inquiétudes quant à la transparence et à l’objectivité des recherches. Le professeur Jim Haywood, de l’Université d’Exeter, met en garde contre le risque qu’un seul acteur, agissant dans son propre intérêt, mette en œuvre ces technologies sans tenir compte des conséquences globales.

Le Royaume-Uni a lancé en avril un programme de géo-ingénierie financé par le gouvernement, doté de 50 millions de livres sterling (environ 58 millions d’euros), qui comprendra des expériences en extérieur à petite échelle. Ce programme s’inscrit dans un contexte d’inquiétude croissante face au risque de franchissement de points de bascule climatiques, mais s’inscrit dans la continuité d’une histoire marquée par des expériences annulées suite à une forte opposition publique. Des précédents similaires ont déjà eu lieu.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.