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Sa ressemblance avec le Covid-19 est inquiétante

by Sophie Martin

Publié le 2025-11-05 13:12:00. Des chercheurs ont identifié un nouveau coronavirus chez les chauves-souris au Brésil qui présente une caractéristique inquiétante : une similarité génétique avec le virus SARS-CoV-2, responsable de la pandémie de Covid-19, lui permettant potentiellement d’infecter les cellules humaines.

  • Une équipe franco-brésilienne a découvert un coronavirus présentant un potentiel zoonotique élevé.
  • Ce virus, nommé BRZ batCoV, possède un site de clivage de la furine similaire à celui du SARS-CoV-2.
  • Le manque de surveillance virologique en Amérique latine pourrait masquer la circulation de virus dangereux.

La découverte, issue de travaux préliminaires publiés sur le site bioRxiv, souligne l’importance de la surveillance des coronavirus chez les chauves-souris, réservoirs naturels de nombreux virus. Les chauves-souris sont considérées comme un groupe taxonomique clé pour la surveillance des maladies zoonotiques, c’est-à-dire des maladies transmissibles de l’animal à l’homme.

L’étude a analysé des échantillons d’organes internes de 70 chauves-souris à moustaches de Parnell (Pteronotus parnellii) prélevés au Brésil entre mai et août 2019. Les chercheurs ont alors isolé et séquencé le génome du BRZ batCoV, qui s’avère suffisamment distinct pour représenter un sous-genre inconnu du bêtacoronavirus, un groupe auquel appartiennent le SARS-CoV-2, le SARS-CoV et le MERS-CoV.

Ce qui préoccupe particulièrement les scientifiques est la présence d’un site de clivage de la furine (FCS) fonctionnel dans le génome du BRZ batCoV. Ce site, essentiel à l’infection humaine par le SARS-CoV-2, ne diffère que d’un seul acide aminé de celui observé dans le virus responsable de la Covid-19.

« La grande diversité des virus chez les chauves-souris les positionne comme un groupe taxonomique clé pour la surveillance des maladies zoonotiques. »

Auteurs de l’étude

Les chercheurs soulignent que la plupart des données disponibles sur la diversité des bêtacoronavirus proviennent d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient. L’Amérique latine reste largement inexplorée en matière de séquençage génétique des coronavirus de chauve-souris, ce qui rend difficile l’évaluation précise des risques.

Bien que la présence d’un FCS soit un indicateur important, les chercheurs insistent sur le fait qu’il est prématuré de conclure sur le potentiel zoonotique du BRZ batCoV. Ils n’ont pas encore évalué directement sa capacité à infecter les cellules humaines.

Néanmoins, cette découverte met en évidence la nécessité d’une surveillance accrue des virus circulant chez les chauves-souris, notamment dans les régions où la surveillance est limitée. Comme le débat sur l’origine du SARS-CoV-2 reste ouvert, il est crucial de se préparer à l’émergence de nouvelles maladies zoonotiques. De nombreuses maladies humaines, comme le SARS original, ont d’abord émergé chez les animaux avant de contaminer les humains.

« Notre étude permet une compréhension plus large de la phylogénétique et de la diversité fonctionnelle des coronavirus de chauve-souris, en plus de leur potentiel zoonotique », concluent les auteurs. Des études complémentaires seront nécessaires pour évaluer précisément le risque que représente ce nouveau virus pour la santé publique.

Cet article a été traduit de Gizmodo US par Romina Fabbretti. Ici vous pouvez trouver la version originale.

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