Home NouvellesTransactions aux caisses des supermarchés | Juridiction ordinaire en Hesse

Transactions aux caisses des supermarchés | Juridiction ordinaire en Hesse

by Nicolas Lefèvre

Francfort-sur-le-Main – Un homme a été condamné à rembourser 9 500 € à une victime de fraude après avoir été jugé coupable de blanchiment d’argent par négligence. L’affaire met en lumière les risques liés à l’acceptation de virements suspects et aux retraits d’espèces fragmentés.

La plaignante avait été victime d’une escroquerie téléphonique : un fraudeur s’étant fait passer pour un employé de sa banque en ligne l’avait incitée à effectuer plusieurs virements, sous prétexte d’annuler des transactions frauduleuses. L’un de ces virements, d’un montant de 9 500 € (environ 15 500 dollars américains), avait atterri sur le compte du prévenu.

Le prévenu avait affirmé avoir mis son compte à la disposition d’un ami, qui avait besoin d’argent rapidement pour régler des dettes. Il avait retiré 5 000 € à un distributeur automatique et reçu des sommes supplémentaires via des paiements en espèces dans divers supermarchés. Il avait reconnu avoir trouvé la situation « suspecte », mais avait expliqué qu’il était fatigué après une journée de travail et souhaitait rentrer chez lui.

Initialement, le tribunal de première instance avait rejeté la plainte. Cependant, la décision a été infirmée par le 29e Sénat civil du Tribunal régional supérieur de Francfort-sur-le-Main. Les juges ont estimé que le prévenu avait fait preuve d’une imprudence caractérisée en ne vérifiant pas l’origine des fonds.

Selon le tribunal, le comportement du prévenu, notamment les nombreux petits retraits d’espèces effectués le jour même du virement – entre 20 et 30 transactions, certaines s’élevant à 200 € chacune – et l’utilisation de services de VTC pour faciliter ces opérations, suggèrent une volonté de dissimuler la provenance illégale de l’argent.

« Les grandes sommes d’argent qui ont dû être retirées le soir même, puis au travers d’environ 20 à 30 transactions, dont certaines valaient 200,00 € chacune, tout en rendant nécessaires divers déplacements Uber, permettent seulement de conclure que le retrait et la “génération” d’argent étaient destinés à dissimuler le flux d’argent dû à un délit antérieur », a précisé le Sénat dans sa décision.

Le tribunal a souligné que le prévenu avait ignoré les signaux d’alerte et n’avait pas cherché à comprendre pourquoi son ami avait choisi une méthode de transfert d’argent aussi peu sécurisée et pourquoi un virement direct sur le compte de l’ami n’avait pas été envisagé.

La décision du Tribunal régional supérieur est définitive. L’arrêt a été rendu le 17 octobre 2025 (affaire n° 29 U 100/24), suite à un appel de l’arrêt du 8 août 2024 du Tribunal de grande instance de Francfort-sur-le-Main (affaire n° 2-32 O 8/24).

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.