Publié le 2025-11-06 12:03:00. La viscosité sanguine, longtemps négligée, pourrait bientôt devenir un indicateur vital mesuré en temps réel grâce à une technologie innovante développée aux États-Unis, ouvrant la voie à une meilleure compréhension et à une prise en charge plus précise des maladies cardiovasculaires et autres affections.
- Une nouvelle méthode non invasive permet de mesurer la viscosité du sang directement dans le corps, sans prélèvement.
- Cette technologie, initialement inspirée du contrôle qualité des huiles moteur, pourrait révolutionner le suivi de maladies comme la drépanocytose.
- Les chercheurs espèrent intégrer ce dispositif à des équipements portables pour une surveillance continue de la santé.
Mesurer l’épaisseur du sang, ou sa résistance à l’écoulement, pourrait bientôt être aussi courant que de vérifier la tension artérielle ou le rythme cardiaque. Une équipe de l’Université du Missouri (Mizzou) a mis au point une technologie de pointe capable d’évaluer cette propriété cruciale de manière non invasive et en temps réel. Cette avancée promet de transformer la manière dont les professionnels de la santé surveillent et traitent les maladies cardiovasculaires et d’autres pathologies.
La viscosité sanguine, bien qu’elle soit souvent passée sous silence, joue un rôle déterminant dans de nombreuses maladies chroniques. Elle est associée à six des dix principales causes de décès dans le monde, notamment les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et le cancer. Un sang trop épais force le cœur à travailler davantage, augmentant le risque de formation de caillots et de lésions tissulaires.
Le dispositif développé par les chercheurs de Mizzou repose sur l’émission d’un signal sonore continu et l’analyse de la manière dont le sang y réagit. Un algorithme sophistiqué interprète ensuite ces données pour déterminer la densité et la viscosité du sang en temps réel. L’innovation réside dans un logiciel complexe qui fournit une image précise des propriétés des fluides biologiques, sans nécessiter de prélèvement sanguin – un avantage majeur, car les propriétés du sang peuvent être altérées lorsqu’il est retiré du corps.
L’idée de cette technologie est née dans un domaine inattendu : le contrôle de la qualité des huiles moteur. Nilesh Salvi, l’inventeur du système, a adapté les principes de l’ingénierie mécanique pour les appliquer aux fluides biologiques, avec l’aide d’experts en génie chimique et biomédical. Après avoir constaté le potentiel médical de ce concept, des chercheurs de la faculté de médecine de l’université ont rejoint l’équipe pour évaluer les applications cliniques.
Selon le professeur William Fay, spécialiste en pharmacologie et physiologie médicale, la mesure de la viscosité sanguine a toujours été un défi en raison du coût élevé et de la disponibilité limitée du matériel de laboratoire nécessaire.
« Ce nouvel appareil pourrait changer radicalement la donne, en offrant des mesures rapides et précises directement au chevet du patient. »
William Fay, professeur en pharmacologie et physiologie médicale
Cette surveillance pourrait être particulièrement utile dans le traitement de maladies telles que la drépanocytose, où la forme anormale des globules rouges augmente la viscosité du sang et perturbe le flux sanguin. Le dispositif permettrait d’ajuster en temps réel le traitement et les transfusions sanguines en fonction des besoins spécifiques de chaque patient.
Les chercheurs travaillent actuellement à perfectionner la technologie en vue de mener des essais cliniques sur des sujets humains. Grâce à sa conception basée principalement sur des logiciels et des composants abordables, il est envisageable que cet appareil puisse à terme être intégré à des équipements portables, voire à des dispositifs médicaux personnels.
« Ce n’est pas simplement un nouvel appareil. C’est une nouvelle façon de concevoir l’observation du corps humain. Si nous pouvons surveiller la viscosité du sang en temps réel, nous comprendrons beaucoup mieux la circulation et l’évolution des maladies. »
Les chercheurs de Mizzou
Pour en savoir plus sur cette recherche, vous pouvez consulter l’article original de l’Université du Missouri.
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