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Un fournisseur chinois de bus publics en Norvège avait accès à distance aux véhicules

Publié le 6 novembre 2025 à 09h30. Des tests de sécurité en Norvège ont révélé une potentielle vulnérabilité dans les bus électriques chinois, soulevant des inquiétudes quant à la possibilité d'une interférence à distance avec ces véhicules et…

Un fournisseur chinois de bus publics en Norvège avait accès à distance aux véhicules

Publié le 6 novembre 2025 à 09h30. Des tests de sécurité en Norvège ont révélé une potentielle vulnérabilité dans les bus électriques chinois, soulevant des inquiétudes quant à la possibilité d’une interférence à distance avec ces véhicules et incitant le Danemark à examiner la sécurité de sa propre flotte.

L’autorité norvégienne des transports publics a récemment mis à l’épreuve deux bus électriques du constructeur chinois Yutong dans un environnement isolé, suite à la publication de résultats d’analyse inquiétants. Ces tests ont confirmé que Yutong Group dispose d’un accès aux systèmes de contrôle des bus pour effectuer des mises à jour logicielles et des diagnostics.

Selon les conclusions des tests, ce niveau d’accès permettrait, « en théorie », d’interférer avec le fonctionnement des véhicules, voire de les arrêter à distance. Ruter, l’opérateur norvégien, a précisé que les bus fabriqués en Chine offraient cette capacité de mise à jour logicielle en direct, contrairement aux modèles plus anciens du constructeur néerlandais VDL, également testés.

« En théorie, cela pourrait être exploité pour affecter le bus. »

Ruter

Les tests ont également montré qu’il était possible d’empêcher la désactivation à distance en retirant les cartes SIM des bus. Cependant, Ruter a choisi de ne pas adopter cette solution, estimant qu’elle compromettrait la connectivité des véhicules avec d’autres systèmes essentiels.

Face à ces découvertes, l’opérateur norvégien a annoncé qu’il renforcerait les mesures de sécurité et de lutte contre le piratage informatique. Parallèlement, les autorités danoises ont décidé d’étudier en urgence les moyens de corriger cette faille de sécurité potentielle.

Le Danemark exploite actuellement 469 bus électriques chinois, dont 262 sont produits par Yutong. Jeppe Gaard, directeur des opérations de Movia, la principale entreprise de transports publics danoise, a déclaré avoir pris conscience la semaine dernière que ces véhicules, à l’instar des voitures électriques, pouvaient être désactivés à distance si leurs systèmes logiciels étaient connectés à Internet.

M. Gaard a toutefois souligné que ce problème ne se limitait pas aux bus chinois, mais concernait tous les véhicules et appareils intégrant des composants électroniques chinois. L’agence danoise de protection civile et de gestion des urgences, Samsik, a indiqué qu’elle n’avait connaissance d’aucun cas concret de désactivation de bus électriques à ce jour.

Néanmoins, Samsik a mis en garde contre la présence de sous-systèmes équipés d’une connectivité Internet et de capteurs (caméras, microphones, GPS) qui pourraient constituer des points faibles exploitables pour perturber le fonctionnement des bus.

Yutong Group a affirmé, dans une déclaration relayée par Associated Press, qu’elle respectait scrupuleusement les lois et réglementations en vigueur dans les pays où circulent ses véhicules. L’entreprise a également précisé que les données relatives à ses bus étaient stockées en Allemagne.

Un porte-parole de Yutong a ajouté que ces données étaient cryptées et utilisées uniquement à des fins de maintenance, d’optimisation et d’amélioration des véhicules, afin de répondre aux besoins de service après-vente des clients.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.