Publié le 7 novembre 2025 à 03h01. L’impasse diplomatique et les statu quo militaires en Ukraine laissent présager une guerre d’attrition prolongée, tandis que les divisions européennes s’accentuent sur la question du financement de l’effort de guerre et l’évolution de la position américaine sous Donald Trump.
- L’annulation du sommet de Budapest témoigne de l’absence de progrès diplomatiques et de la fermeté des exigences russes.
- L’Union européenne est confrontée à des difficultés pour financer l’aide militaire à l’Ukraine, avec des options controversées comme la confiscation des avoirs russes.
- Le revirement de Donald Trump sur la question ukrainienne introduit une nouvelle incertitude, mais semble viser à faire pression sur la Russie.
Le conflit russo-ukrainien s’enlise dans une guerre d’usure, tant sur le plan militaire que politique. L’échec des tentatives de négociation, symbolisé par l’annulation du sommet de Budapest, confirme l’absence de perspectives de résolution à court terme. Vladimir Poutine semble convaincu que le temps joue en sa faveur, tandis que Volodymyr Zelensky peine à maintenir le soutien à l’effort de guerre. Cette situation met à l’épreuve la cohésion européenne et soulève des questions sur l’avenir de l’aide occidentale à l’Ukraine.
Les récentes évolutions révèlent des stratégies bien définies de la part des principaux acteurs. Moscou exige le retrait des forces ukrainiennes des 25 % du Donbass qu’elles contrôlent encore, notamment l’agglomération de Kramatorsk-Sloviansk, fortifiée depuis 2014. Pour le Kremlin, il s’agit d’un enjeu à la fois militaire – éviter une bataille coûteuse – et politique : revendiquer une victoire crédible. Une démilitarisation de cette zone, placée sous administration internationale, pourrait constituer une voie de sortie, une option à laquelle les deux parties pourraient être ouvertes.
Du côté occidental, la position de Donald Trump est scrutée de près. Après avoir initialement plaidé pour un cessez-le-feu préalable aux négociations, il semble désormais chercher à faire pression sur la Russie, fort du fait que l’Europe assume désormais une part plus importante du financement militaire de l’Ukraine et investit dans sa propre défense. Sa seule ligne rouge, selon les analyses, serait l’effondrement du gouvernement de Kiev, qu’il ne souhaite pas voir se produire au risque de subir un revers politique comparable au retrait américain d’Afghanistan.
L’Union européenne se trouve dans une position délicate. Elle doit faire face à des désaccords internes sur le financement de l’Ukraine et à l’évolution imprévisible de la politique américaine. La réouverture des canaux de communication avec la Russie pourrait accroître son influence, mais cette option semble peu probable à Bruxelles. Un plan en 12 points vise à coordonner les positions européennes et ukrainiennes, dans un contexte de fluctuation de la position américaine.
La question du financement reste cruciale. La confiscation des 140 milliards d’euros d’actifs de la Banque centrale russe gelés en Belgique, bien que tentante, se heurte à des obstacles juridiques et économiques. Le gouvernement belge craint des répercussions négatives sur la réputation de la Belgique en tant que place financière et des représailles potentielles de la Russie. L’alternative de l’emprunt européen n’a pas encore fait l’objet d’un consensus entre les États membres.
Malgré les sanctions internationales et les difficultés économiques, le gouvernement russe semble maintenir sa stabilité et sa capacité à poursuivre la guerre. Les enquêtes d’opinion publique, même celles considérées comme indépendantes, témoignent d’une confiance persistante dans Vladimir Poutine. L’économie russe connaît un ralentissement, avec une croissance estimée entre 0,5 % et 1 % cette année, et une inflation élevée (8 à 9 %). Le prix du pétrole russe est en baisse et les taux d’intérêt élevés freinent l’investissement. Cependant, le Kremlin considère ces sacrifices comme un prix acceptable pour atteindre ses objectifs politiques et sécuritaires.
La dette publique russe reste sous contrôle (environ 20 % du PIB à la fin de l’année) et le déficit budgétaire devrait se situer autour de 3 % du PIB en 2025. Moscou semble donc capable de maintenir son effort de guerre au niveau actuel pour les deux prochaines années, malgré les difficultés économiques.
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