Publié le 7 novembre 2025 à 03h42. Le président américain Donald Trump a laissé entendre un assouplissement de la pression commerciale sur l’Inde, tout en soulignant les progrès de New Delhi dans la réduction de ses importations de pétrole russe. Cette détente intervient après des mois de tensions croissantes entre les deux pays.
- Donald Trump a indiqué que les négociations commerciales avec l’Inde progressent et envisage un voyage dans le pays en 2026.
- Les États-Unis ont imposé des sanctions à deux grandes compagnies pétrolières russes, Rosneft et Lukoil, ce qui a entraîné une baisse des achats de pétrole russe par l’Inde et la Chine.
- Les droits de douane sur les produits indiens pourraient être réduits de 50 % à 20 %, selon les analystes, mais des points de friction persistent concernant le pétrole russe et les investissements.
Les relations entre les États-Unis et l’Inde, autrefois solides, se sont tendues ces derniers mois. Des tarifs douaniers élevés, des rehaussements des frais de visa H1B (jusqu’à 100 000 $), et des désaccords sur la politique étrangère, notamment concernant le conflit entre l’Inde et le Pakistan, ont contribué à cette détérioration. Selon des experts, un manque de complicité entre les dirigeants des deux pays a exacerbé ces difficultés.
Lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche jeudi, Donald Trump a salué les efforts de l’Inde pour réduire sa dépendance au pétrole russe. Il a affirmé que New Delhi avait « largement cessé d’acheter du pétrole à la Russie » et a laissé entendre qu’il serait disposé à se rendre en Inde l’année prochaine si le Premier ministre Narendra Modi lui en faisait la demande. Trump a également évoqué avec affection sa précédente visite en Inde, qualifiant Modi de « mon ami » et de « grand homme ».
Les négociations commerciales entre les deux pays sont actuellement en cours, et Alexandra Hermann, responsable de la recherche sur l’Asie du Sud-Est chez Oxford Economics, se montre optimiste quant à la conclusion d’un accord d’ici la fin de l’année, voire dans les prochaines semaines. Elle prévoit une possible réduction des droits de douane sur les produits indiens, passant de 50 % à 20 %, ce qui placerait l’Inde à un niveau comparable à celui de ses voisins asiatiques comme le Vietnam, la Thaïlande ou les Philippines. Plus d’informations sur les tarifs douaniers.
Cependant, Alexandra Hermann nuance cet optimisme, soulignant que les droits de douane pourraient ne pas atteindre le niveau de 15 % observé au Japon et en Corée du Sud. Les désaccords persistants concernant les achats de pétrole russe, les importations agricoles et le manque d’opportunités d’investissements américains importants en Inde constituent des obstacles à une réduction plus importante.
Le mois dernier, les États-Unis ont imposé des sanctions aux géants pétroliers russes Rosneft et Lukoil, qui entreront en vigueur le 21 novembre. Détails sur les sanctions américaines. En conséquence, les raffineries indiennes et chinoises ont commencé à réduire leurs importations de pétrole russe, ce qui a entraîné une augmentation des remises sur le brut russe en Asie, atteignant des niveaux jamais vus depuis un an. Rapport de Reuters sur les réductions de prix du pétrole russe.
Le ministère indien du Pétrole et du Gaz naturel n’a pas immédiatement commenté cette réduction des importations. Prateek Pandey, responsable de la recherche pétrolière et gazière pour la région Asie-Pacifique chez Rystad Energy, estime qu’une élimination complète du pétrole russe n’est pas réaliste pour l’Inde à long terme. Il ajoute que, compte tenu des remises importantes sur le brut russe, l’approche pragmatique de New Delhi, axée sur ses intérêts économiques, sera mise à l’épreuve. Analyse des tarifs et des relations avec la Russie et Impact des frais de visa H1B.
Les tensions passées, notamment les déclarations de Trump sur un cessez-le-feu négocié entre l’Inde et le Pakistan, ont également contribué à la fragilité des relations bilatérales. Informations sur les déclarations concernant le cessez-le-feu.
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