Home SantéNouvelle imagerie pour le diagnostic et la prévention de la démence chez la femme

Nouvelle imagerie pour le diagnostic et la prévention de la démence chez la femme

by Sophie Martin

Publié le 7 novembre 2025 à 10h05. Des chercheurs de l’hôpital universitaire de Cologne ont obtenu un financement majeur pour étudier les facteurs hormonaux liés à la démence chez les femmes, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies de diagnostic et de prévention.

  • Une équipe de l’hôpital universitaire de Cologne a reçu un financement important du programme « CARE » de Wellcome Leap.
  • Le projet IMAGESTRO vise à développer de nouvelles techniques d’imagerie pour visualiser les récepteurs d’œstrogènes dans le cerveau humain.
  • L’objectif est de mieux comprendre le rôle des hormones dans le développement de la démence chez les femmes et de personnaliser les approches thérapeutiques.

L’hôpital universitaire de Cologne s’attaque à une question cruciale de santé publique : le risque accru de démence d’Alzheimer chez les femmes. Grâce à un financement significatif du programme « CARE » de l’organisme Wellcome Leap, une équipe de recherche locale s’est lancée dans une étude approfondie des causes, en particulier des facteurs hormonaux, qui contribuent à cette vulnérabilité. Ce programme de financement, axé sur la recherche translationnelle, vise à transformer les découvertes scientifiques en applications cliniques concrètes.

Au cœur de cette initiative se trouve le projet IMAGESTRO (Imaging of Estrogen Receptors), qui ambitionne de développer de nouveaux radiopharmaceutiques de diagnostic pour l’imagerie moléculaire des récepteurs d’œstrogènes dans le cerveau humain. « Nous savons que les facteurs hormonaux, et notamment les œstrogènes, jouent un rôle important dans le fonctionnement et la protection du cerveau », explique le Professeur Alexander Drzezga, directeur de la clinique de médecine nucléaire de l’hôpital universitaire de Cologne et l’un des chefs de projet.

« Avec les nouveaux traceurs, nous prévoyons d’afficher avec précision la répartition et la densité des récepteurs d’œstrogènes dans le cerveau humain vivant. Cela ouvre la possibilité de détecter des changements, par exemple pendant la ménopause. Cela devrait aider à mieux comprendre si et comment ceux-ci sont liés à l’apparition accrue de certaines maladies neurodégénératives chez les femmes. »

En collaboration avec le Professeur Bernd Neumaier, directeur de l’Institut de radiochimie et d’imagerie moléculaire (IREMB) de l’hôpital universitaire de Cologne, l’équipe travaille au développement de radiotraceurs de haute affinité marqués au 18F. Ces molécules, sélectionnées parmi une bibliothèque existante de principes actifs, seront optimisées et soumises à des tests rigoureux avant d’être utilisées dans les premières études cliniques.

« Notre objectif est de développer des marqueurs moléculaires qui cartographient en détail la régulation hormonale du cerveau », précise le Professeur Neumaier.

« Le développement de tels traceurs nous présente plusieurs défis. Les molécules doivent être conçues de telle manière qu’elles puissent pénétrer dans le cerveau, se lier spécifiquement aux récepteurs souhaités et y rester assez longtemps pour permettre une imagerie précise. Si cela réussit, ces traceurs pourraient à l’avenir contribuer à une meilleure compréhension des différences spécifiques au sexe dans les processus neurodégénératifs et à développer de nouvelles voies pour des thérapies personnalisées. »

Les deux chefs de projet et leurs équipes collaborent depuis des années au développement et à l’utilisation de nouveaux traceurs pour des applications cliniques et scientifiques en médecine nucléaire, en étroite collaboration avec le centre de recherche de Jülich. Après des études précliniques approfondies, des premières études chez l’homme sont prévues pour évaluer la sécurité et la validité des nouveaux traceurs. Des projets pilotes ultérieurs étudieront les variations régionales dans l’expression des récepteurs d’œstrogènes entre les femmes préménopausées et postménopausées, ainsi que leur lien avec la pathologie d’Alzheimer et l’intégrité synaptique. « À long terme, nous souhaitons utiliser ces méthodes d’imagerie pour mieux comprendre et réduire le risque de démence, en particulier chez les femmes », conclut le Professeur Drzezga.

Grâce à ce financement, l’hôpital universitaire de Cologne et l’université de Cologne rejoignent le réseau international d’institutions de recherche scientifique en santé sélectionnées par Wellcome Leap Health Breakthrough Network. Ce réseau vise à accélérer les processus de développement grâce à la collaboration entre centres d’excellence et permettra également à d’autres groupes de recherche de Cologne d’accéder à des financements.


Contacts scientifiques :

Professeur Alexander Drzezga, directeur de la clinique de médecine nucléaire de l’hôpital universitaire de Cologne et Professeur Bernd Neumaier, directeur de l’Institut de radiochimie et d’imagerie moléculaire (IREMB) de l’hôpital universitaire de Cologne


Photos

Professeur Alexander Drzezga et Professeur Bernd Neumaier
Professeur Alexander Drzezga et Professeur Bernd Neumaier
Source : Michael Wodak/Christian Wittke
Droits d’auteur : Hôpital universitaire de Cologne


Caractéristiques de ce communiqué de presse :
Journalistes, étudiants, scientifiques
médecine
régional
Recherche/transfert de connaissances, projets de recherche
Allemand


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