L’essor de l’intelligence artificielle et des centres de données propulse une croissance économique américaine inattendue, mais suscite également des inquiétudes quant à la domination future de la Chine dans ce domaine. Le PDG de Nvidia, Jensen Huang, appelle à un allègement de la réglementation pour ne pas freiner l’innovation américaine.
Jensen Huang, dirigeant de Nvidia, a mis en garde contre un risque de perte de leadership des États-Unis face à la Chine dans la course à l’IA. Il explique que les coûts énergétiques plus faibles et une réglementation moins contraignante en Chine pourraient donner à ce pays un avantage décisif. « 50 réglementations différentes, adoptées par 50 États, pourraient aboutir à un carcan », a-t-il déclaré au Financial Times. Cette préoccupation se traduit par une volonté d’étendre la présence de Nvidia en Chine, où l’entreprise possède déjà un bureau à Shanghai.
Par ailleurs, des mouvements de vente à découvert sur les actions Nvidia (NVDA) et Palantir Technologies (PLTR) ont été révélés. Le gestionnaire d’actifs Scion Asset Management, dirigé par Michael Burry, a pris des positions vendeuses via des options de vente. Cependant, certains investisseurs voient ces baisses potentielles comme des opportunités d’achat, notamment après la publication de résultats trimestriels solides par Palantir Technologies.
Au-delà de ces dynamiques sectorielles, l’économie américaine affiche une croissance surprenante. La Réserve fédérale d’Atlanta a récemment relevé son estimation de la croissance du produit intérieur brut (PIB) pour le troisième trimestre à un taux annualisé de 4 %. Cette croissance est largement tirée par une augmentation de la productivité, qui, bien qu’entraînant des suppressions d’emplois, stimule les bénéfices des entreprises et la croissance globale.
Selon Jason Furman, professeur d’économie à Harvard et ancien conseiller de l’administration Biden, les centres de données et l’IA représentent désormais la quasi-totalité de la croissance du PIB américain. En excluant ces secteurs, la croissance n’atteindrait que 0,1 % au premier semestre 2025. Le PIB américain a accéléré pour atteindre un taux annualisé de 3,9 % au troisième trimestre et devrait atteindre 5 % en 2026.
Cette situation rappelle, pour certains, le boom technologique de la fin des années 1990. L’IA et les centres de données pourraient donc annoncer une nouvelle période de prospérité boursière. Les investisseurs anticipent déjà un fort rebond de fin d’année, avec un potentiel « effet janvier » précoce, et s’attendent à une année 2026 particulièrement favorable.