Washington a levé vendredi les sanctions qui pesaient sur Ahmed al-Charaa, le président syrien, ouvrant la voie à une rencontre historique avec le président Trump prévue lundi à la Maison Blanche. Cette visite, une première pour un chef d’État syrien depuis l’indépendance du pays en 1946, intervient après le renversement du régime de Bachar al-Assad en novembre 2024.
La décision du Département d’État de retirer M. al-Charaa de la liste des terroristes internationaux était largement anticipée. Selon Tommy Pigott, porte-parole du Département d’État, le gouvernement syrien a répondu aux exigences américaines, notamment en s’engageant à retrouver les citoyens américains portés disparus et à éliminer les dernières réserves d’armes chimiques. « Ces actions reconnaissent les progrès réalisés par les dirigeants syriens après le départ de Bachar al-Assad et plus de 50 ans de répression sous son régime », a-t-il déclaré dans un communiqué. Il a ajouté que cette levée de sanctions favoriserait « la sécurité et la stabilité régionales, ainsi qu’un processus politique inclusif, dirigé et assumé par les Syriens ».
L’histoire de M. al-Charaa est marquée par un passé complexe. Il a rejoint Al-Qaïda il y a une vingtaine d’années et a été arrêté en Irak en 2005, passant six ans dans les prisons américaines et irakiennes avant d’être libéré en 2011. Il a ensuite dirigé une branche d’Al-Qaïda en Syrie, ce qui lui a valu d’être désigné comme terroriste par les États-Unis en 2013. En 2016, il a publiquement renié son allégeance à l’organisation.
En novembre 2024, M. al-Charaa a mené les forces de l’opposition à la victoire, renversant le régime de Bachar al-Assad après des décennies au pouvoir. Lors d’une interview accordée à l’émission « 60 Minutes » le mois dernier, il a souligné l’impact psychologique profond de la répression sur « des générations entières » de Syriens. « Des générations entières de Syriens ont subi un énorme traumatisme psychologique » sous le régime d’Assad, a-t-il déclaré.
M. al-Charaa avait déjà rencontré M. Trump en mai lors de la tournée du président américain au Moyen-Orient, à Riyad. Tom Barrack, l’envoyé américain en Syrie, avait indiqué début mai que M. al-Charaa pourrait « avec un peu de chance » signer un accord pour rejoindre l’alliance internationale menée par les États-Unis contre l’État islamique. Le président syrien s’était également adressé à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York en septembre.