Home Monde“Prendre soin du cœur du monde” – DW – 11/09/2025

“Prendre soin du cœur du monde” – DW – 11/09/2025

by Clara Dubois

Publié le 9 novembre 2025 20h38. Le sommet entre l’Union européenne et la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), tenu à Sainte-Marthe en Colombie, a été marqué par des absences notables et des tensions liées à des incidents maritimes controversés, mais les participants ont réaffirmé leur engagement envers le dialogue et la coopération.

  • Le sommet a été éclipsé par la question des navires soupçonnés de trafic de drogue bombardés par les États-Unis, où l’on dénombre déjà 66 victimes présumées.
  • Plusieurs chefs d’État et de gouvernement européens et latino-américains n’ont pas participé, notamment le président de la Commission européenne.
  • Malgré ces difficultés, les participants ont souligné l’importance de maintenir un dialogue constructif et de rechercher des solutions communes aux défis mondiaux.

Le quatrième sommet entre l’Union européenne et la CELAC, qui s’est tenu à Sainte-Marthe, en Colombie, a été assombri par un contexte international tendu et des divergences d’opinions sur des questions sensibles. Seuls les drapeaux de la Colombie, de l’Union européenne et de la CELAC flottaient sous le ciel bleu de la ville côtière, symbolisant un événement qui, malgré les ambitions affichées, a été marqué par des absences et des préoccupations croissantes.

La question la plus épineuse abordée lors du sommet a été celle des incidents maritimes impliquant des navires soupçonnés de trafic de drogue bombardés par le gouvernement américain. On estime que ces frappes ont causé la mort de 66 personnes, suscitant l’indignation et des appels à une enquête indépendante. Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, a rappelé que, selon le droit international, l’usage de la force n’est légitime que pour se défendre ou sur autorisation du Conseil de sécurité des Nations Unies.

« Notre position est très claire, selon le droit international, la force ne peut être utilisée que pour deux raisons. Pour se défendre ou sur la base d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies. »

Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères

L’absence de plusieurs chefs d’État et de gouvernement a également été remarquée. Le président français Emmanuel Macron a quitté le sommet pour rencontrer Claudia Sheinbaum au Mexique, une décision perçue par certains comme un camouflet. En outre, l’absence d’une délégation équatorienne et bolivienne a suscité des interrogations. Malgré ces absences, Kaja Kallas a insisté sur l’importance de se concentrer sur les participants présents.

Dans son discours d’ouverture, le président colombien Gustavo Petro a appelé à une réflexion sur les forces qui “déchaînent la barbarie”, en référence aux conflits en cours, notamment dans les Caraïbes. Il a qualifié cette région de “cœur du monde”, reprenant une expression utilisée par le peuple Kogui de la Sierra Nevada de Santa Marta. Petro a toutefois souligné qu’il ne parlait pas au nom de la CELAC, estimant qu’il serait nécessaire de modifier le principe de l’unanimité qui prévaut actuellement au sein de l’organisation.

« Comment contenir les forces qui déchaînent la barbarie ? »

Gustavo Petro, président colombien

Antonio Costa, président du Conseil de l’Union européenne, a également évoqué les difficultés rencontrées pour parvenir à une déclaration commune, notamment en raison des “menaces contre le droit international, la souveraineté et l’intégrité territoriale”. Il a souligné la nécessité de trouver une réponse commune à ces défis.

Les observateurs s’attendent à ce que la déclaration finale mentionne à la fois la guerre en Ukraine et la situation dans les Caraïbes, ainsi que la situation en Palestine. Des compromis et des abstentions sont envisagés pour parvenir à un consensus au sein de l’UE et de la CELAC.

Malgré les obstacles, la situation géopolitique actuelle ne semble pas aussi défavorable qu’il y a deux ans, où l’adoption d’une déclaration commune était incertaine jusqu’au dernier moment. La Banque européenne d’investissement a présenté des projets de coopération, notamment des réseaux électriques pour l’Amérique centrale, un système d’approvisionnement en eau pour l’Équateur et une lutte contre les sargasses dans les Caraïbes.

En conclusion, le sommet de Sainte-Marthe a été un moment de tensions et de divergences, mais aussi de réaffirmation de l’engagement en faveur du dialogue et de la coopération. Comme l’a souligné Antonio Costa, l’alliance entre l’Europe et l’Amérique latine et les Caraïbes reste une priorité stratégique.

(ct)

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