Publié le 10 novembre 2025. Une vaste opération minière illégale a été découverte au cœur de la forêt de conservation de Bukit Soeharto, une zone tampon écologique cruciale pour la future capitale indonésienne, Nusantara. L’exploitation, qui dure depuis au moins 2016, a causé des dommages environnementaux considérables et fait l’objet d’une enquête policière.
- La police indonésienne a démantelé une mine illégale de charbon dans la forêt de Bukit Soeharto, près de Nusantara.
- L’opération a engendré des dégâts écologiques importants, nécessitant un investissement estimé à 1 000 milliards de roupies (environ 61,7 millions d’euros) pour la restauration de l’écosystème.
- Cinq personnes ont été arrêtées, soupçonnées de falsification de documents et de détournement de permis miniers.
Selon les premières investigations, le site minier illégal s’étend sur près de 300 hectares. Les exploitants auraient contourné la loi en enregistrant des permis d’exploitation (IUP) dans d’autres régions, puis en transportant le charbon extrait de Bukit Soeharto vers ces zones, créant ainsi une façade de légalité.
Le général de brigade Mohamad Irhamni, directeur des crimes spécifiques au sein de la police nationale, a souligné l’ampleur des dégâts et la nécessité d’une réhabilitation complète de la zone.
« Les conditions naturelles de Bukit Soeharto exigent désormais une réhabilitation complète. La zone doit être replantée et revitalisée. »
Mohamad Irhamni, directeur des crimes spécifiques, police nationale indonésienne
Il a également précisé que le coût de la restauration de l’écosystème de Tahura est estimé à environ 1 000 milliards de roupies.
L’enquête a révélé une falsification de documents permettant de faire croire que le charbon provenait d’IUP légitimes.
« Ils ont falsifié des documents pour faire croire que le charbon provenait d’un IUP légitime. Lorsque nous avons vérifié, l’IUP et son plan de travail et budget conjoints (RKAB) n’avaient jamais été publiés. »
Mohamad Irhamni, directeur des crimes spécifiques, police nationale indonésienne
Cinq suspects ont été interpellés : M, identifié comme le principal financeur et distributeur du charbon ; CH, qui a facilité l’obtention des documents frauduleux ; MR, l’acheteur et collecteur du charbon ; ainsi que YY et AM, impliqués dans l’acquisition du produit. Deux des suspects sont actuellement jugés, tandis que les dossiers des trois autres sont en cours d’examen par le bureau du procureur.
Les autorités ont saisi près de 400 conteneurs de charbon illégalement extrait, deux excavatrices lourdes et divers documents compromettants. Cette découverte intervient alors que le gouvernement indonésien s’efforce de protéger l’environnement autour de Nusantara, la future capitale, dont la construction est en cours.
Pour en savoir plus sur cette affaire, vous pouvez consulter l’article original sur Tempo.co.