Publié le 2025-11-10 04:00:00. L’Association suisse des animateurs de groupes de jeu (SSLV) tire la sonnette d’alarme face à un manque de réglementation concernant ces structures d’accueil pour enfants, et lance une campagne de sensibilisation auprès des parents.
- Environ 65 % des enfants de trois ans en Suisse fréquentent un groupe de jeu.
- Contrairement aux garderies, les groupes de jeu ne sont soumis à aucune directive claire dans de nombreuses communes.
- La SSLV réclame une formation obligatoire pour les animateurs et des contrôles de qualité.
Alors que les groupes de jeu sont devenus un lieu de socialisation et de développement pour de nombreux jeunes enfants – on estime que 65 % des trois ans y participent régulièrement – l’Association suisse des animateurs de groupes de jeu (SSLV) dénonce un vide réglementaire préoccupant. L’organisation lance ce lundi une campagne de sensibilisation destinée aux parents, afin de les informer des risques potentiels liés à l’absence de normes minimales.
La principale critique de la SSLV porte sur le manque de contrôle et de qualifications exigées pour ouvrir et animer un groupe de jeu. Sandy Kinnigkeit, membre du conseil d’administration de l’association, explique qu’en Suisse, n’importe qui peut créer un groupe de jeu sans autorisation préalable, sans formation spécifique et sans contrôle de qualité. Un exemple de groupe de jeu.
Certains groupes de jeu fonctionnent de manière professionnelle et respectent des standards élevés, mais d’autres ne répondent pas aux exigences minimales en matière de développement psychologique, de sécurité et de pédagogie, selon la SSLV. Ce manque d’uniformité et de garanties suscite des inquiétudes quant au bien-être des enfants.
« En Suisse, les parents ne savent généralement pas que les groupes de jeu ne sont soumis à aucun contrôle. »
Sandy Kinnigkeit, membre du conseil d’administration de la SSLV
L’association estime qu’il est crucial d’informer les parents sur ces réalités, afin qu’ils puissent faire des choix éclairés pour leurs enfants. Elle plaide pour la mise en place d’une réglementation nationale, incluant une formation obligatoire pour les animateurs, ainsi que des normes minimales en matière de sécurité et d’encadrement – au moins deux adultes pour dix enfants.
La conseillère nationale FDP Bettina Balmer se montre prudente quant à une nouvelle réglementation. Comparaison avec les garderies. Elle estime qu’un groupe de jeu doit rester une initiative flexible et peu bureaucratique.
« Au lieu d’introduire davantage de mécanismes de contrôle de l’État, les parents devraient également s’intéresser et s’informer sur le groupe de jeu que leur propre enfant fréquente ou non. »
Bettina Balmer, conseillère nationale FDP
Toutefois, elle salue l’initiative de sensibilisation de la SSLV, qu’elle juge « très bonne » et allant dans le bon sens pour prévenir les problèmes et garantir la sécurité des enfants.
La conseillère nationale des Verts, Katharina Prelicz-Huber, soutient quant à elle les revendications de la SSLV. Elle souligne le potentiel des groupes de jeu en matière de développement du langage et d’apprentissage précoce.
« Les enfants de cet âge ont très envie d’apprendre. Ici, les langues pourraient être promues de manière ludique. »
Katharina Prelicz-Huber, conseillère nationale des Verts
Elle estime qu’une formation adéquate des animateurs pourrait permettre de proposer des activités bilingues, offrant ainsi un avantage supplémentaire aux enfants avant leur entrée à l’école.
Pensez-vous que les groupes de jeu devraient être plus réglementés pour accroître la qualité et la sécurité ?
