Publié le 2025-11-09 22:03:00. Une nouvelle analyse suggère qu’un test effectué seulement quatre semaines après la fin du traitement contre l’hépatite C pourrait être aussi fiable qu’un test standard réalisé douze semaines plus tard pour déterminer si le virus a été complètement éliminé, facilitant ainsi le suivi des patients.
- Un test de réponse virologique soutenue (RVS) à quatre semaines après la fin du traitement est un indicateur fiable de guérison de l’hépatite C.
- Ce test plus précoce pourrait améliorer le suivi des patients, en particulier ceux à risque de transmission.
- La fiabilité du test à quatre semaines est comparable à celle du test standard à douze semaines, quel que soit l’antécédent de traitement antiviral.
Selon une étude rétrospective menée sur les données de quatre essais cliniques, l’évaluation de la réponse virologique soutenue (RVS) quatre semaines après l’arrêt du traitement contre le virus de l’hépatite C (VHC) s’avère aussi prédictive d’une guérison que l’attente d’un délai de douze semaines. Cette découverte pourrait simplifier le suivi des patients et améliorer l’efficacité des soins.
Les chercheurs ont analysé les résultats des essais POLARIS, qui ont comparé un traitement combiné à base de sofosbuvir, velpatasvir et voxilaprévir (SOF/VEL/VOX ; Vosevi) pendant huit ou douze semaines, à un placebo ou à un traitement combiné de sofosbuvir et velpatasvir (Epclusa). Sur les 1 009 patients ayant présenté une RVS à quatre semaines (SVR4), 1 001 ont également atteint une RVS à douze semaines (SVR12), ce qui correspond à une valeur prédictive positive (VPP) de 99,2 % pour le test SVR4, a indiqué le Dr Marc Bourlière, de l’Hôpital Saint Joseph de Marseille, lors de la réunion annuelle de l’Association américaine pour l’étude des maladies du foie (AASLD).
« On peut véritablement utiliser la RVS4 post-traitement comme un bon outil pour évaluer si un patient est guéri », a déclaré le Dr Bourlière à Page Med aujourd’hui. « L’avantage principal, en particulier dans les populations à risque de transmission, est que la possibilité de diagnostiquer plus tôt une rechute ou une non-réponse permet de retraiter ces patients plus rapidement. »
Aucun des 23 patients qui n’ont pas atteint une RVS4 n’a obtenu de guérison après douze semaines, ce qui confère à la RVS4 une valeur prédictive négative (VPN) de 100 % pour prédire la RVS12. La sensibilité de la RVS4 pour identifier les patients qui atteindraient une RVS12 était de 100 % (1 001 patients sur 1 001), tandis que sa spécificité pour identifier ceux qui n’atteindraient pas la RVS12 était de 74,2 % (23 patients sur 31).
Parmi les 31 patients ayant présenté une rechute virale, seulement huit (26 %) avaient initialement atteint une RVS4. La majorité des patients en rechute (74 %) étaient des hommes (23 sur 31), et 61 % étaient porteurs du génotype 1 du VHC (19 sur 31). Plus de la moitié (52 %, soit 16 patients sur 31) avaient déjà reçu un traitement contre le VHC, soit avec des antiviraux à action directe (AAD), soit avec de l’interféron pégylé et de la ribavirine.
La concordance entre la RVS4 et la RVS12 est restée stable, quelle que soit la durée du traitement (8 ou 12 semaines). Lors du traitement de 8 semaines utilisé dans les essais POLARIS-2 et -3, la RVS4 affichait une VPP de 99,1 % et une VPN de 100 %. Cinq patients (21,7 %) sur les 23 ayant rechuté avaient atteint une RVS4. Avec le traitement de 12 semaines (POLARIS-1 et -4), la VPP de la RVS4 était de 99,3 % et sa VPN de 100 %. Trois patients (37,5 %) sur les huit ayant rechuté avaient obtenu une RVS4.
Le Dr Bourlière a souligné l’efficacité élevée des traitements actuels contre le VHC : « La plupart des patients qui reçoivent huit semaines de traitement à la fin sont guéris ». Cependant, il a ajouté que les populations vulnérables ont souvent un faible taux de retour pour un suivi à 12 semaines.
« Il est crucial de ne pas laisser partir les patients à haut risque de transmission », a insisté le Dr Bourlière. « Il faut les maintenir sous surveillance pour évaluer d’éventuelles rechutes ou réinfections et, le cas échéant, les retraiter rapidement. »
Selon l’algorithme de test et de traitement de l’hépatite C au point de service de l’AASLD et de l’Infectious Diseases Society of America, la RVS4 est considérée comme une mesure acceptable de guérison du VHC chez les patients sans cirrhose ni antécédents de traitement par AAD.
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