Publié le 24 septembre 2025. Des chercheurs ont identifié une protéine clé impliquée dans la survie des cellules du mélanome métastatique, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques basées sur l’induction de la mort cellulaire.
- Le blocage de la protéine FSP1, suppresseur de ferroptose, réduit significativement la croissance tumorale dans les ganglions lymphatiques.
- L’efficacité de cette approche semble dépendre de l’environnement biologique, les cellules en laboratoire réagissant moins fortement.
- Une étude complémentaire confirme l’efficacité de l’inhibition de FSP1 sur les tumeurs pulmonaires.
Les métastases du mélanome, la forme la plus agressive de cancer de la peau, représentent un défi majeur pour les oncologues. Une équipe de la Harvard T.H. Chan School of Public Health a mis en évidence une vulnérabilité spécifique de ces cellules cancéreuses disséminées : leur dépendance à une protéine appelée FSP1 (Ferroptosis Suppressor Protein 1). Cette découverte, publiée dans la prestigieuse revue Nature, pourrait révolutionner l’approche thérapeutique de ce cancer.
L’étude démontre que les cellules de mélanome métastatique ont besoin de FSP1 pour échapper à un processus de mort cellulaire appelé ferroptose. La ferroptose est une forme d’apoptose induite par une accumulation excessive de stress oxydatif, entraînant la destruction des cellules par oxydation des lipides membranaires. En inhibant FSP1, les chercheurs ont observé que les cellules tumorales ne pouvaient plus contrer ce stress oxydatif et entraient en phase de mort cellulaire.
Les expériences menées sur des modèles animaux, utilisant des tumeurs de mélanome ayant métastasé dans les ganglions lymphatiques de souris, ont révélé que le blocage de FSP1 réduisait considérablement la croissance tumorale. Un résultat particulièrement intéressant a été constaté : l’effet de l’inhibition de FSP1 était beaucoup moins prononcé sur des cellules de mélanome cultivées en laboratoire. Cette observation suggère que l’environnement biologique joue un rôle crucial dans la capacité des cellules cancéreuses à se défendre contre la mort cellulaire.
« Nous avons observé que les cellules de mélanome dans les ganglions lymphatiques deviennent dépendantes de FSP1 pour leur survie et que son inhibition peut réduire leur prolifération »
Jessalyn Ubellacker, PhD, professeur adjoint de métabolisme moléculaire
Ces résultats ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques visant à cibler les mécanismes de défense contre la ferroptose, ralentissant ainsi la progression du cancer. La ferroptose est étudiée depuis plusieurs années comme une alternative prometteuse à la chimiothérapie traditionnelle, mais les recherches antérieures se concentraient principalement sur des expériences en laboratoire, sans tenir compte de l’influence de l’environnement biologique réel.
L’étude souligne également l’importance du contexte tissulaire : l’environnement de l’organe où les cellules tumorales se propagent influence les systèmes antioxydants activés pour assurer leur survie. Cette adaptation spécifique explique pourquoi les métastases, et non les tumeurs primaires, sont souvent responsables de la majorité des décès liés au cancer.
Une autre étude, publiée dans le même numéro de Nature, menée par des chercheurs de l’Université de New York, confirme que l’inhibition de FSP1 déclenche la ferroptose et réduit la croissance des tumeurs pulmonaires. Plus d’informations sur cette étude.
Ces deux études convergent pour confirmer que FSP1 représente une cible thérapeutique prometteuse, potentiellement applicable à différents types de cancer. Les inhibiteurs utilisés ont été développés dans les laboratoires du Dr Marcus Conrad (Helmholtz Munich) et du Dr James Olzmann (Université de Californie, Berkeley). Certains des auteurs de l’étude sont d’ailleurs co-fondateurs de la société ROSCUE Therapeutics GmbH, détentrice des droits sur certains des composés expérimentaux étudiés.
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