Publié le 7 décembre 2023. Les réserves de sang en Corée du Sud atteignent des niveaux préoccupants à l’approche de l’hiver, menaçant la capacité à répondre aux besoins médicaux urgents. Des mesures incitatives et une sensibilisation accrue sont nécessaires pour éviter une pénurie critique.
- Les réserves de sang dans la province de Gangwon sont actuellement à 6,8 jours, légèrement au-dessus de la moyenne nationale de 4,3 jours, mais cette situation est fragile.
- La suppression des incitations au don de sang, comme les billets de cinéma, risque d’aggraver la baisse des dons, particulièrement chez les jeunes.
- Des stratégies globales de promotion et des incitations saisonnières sont urgemment nécessaires pour stabiliser l’approvisionnement en sang.
L’approche de la saison hivernale et des fêtes de fin d’année sonne l’alarme concernant les réserves de sang en Corée du Sud. Le centre de transfusion sanguine de Gangwon signale une situation « préoccupante », avec un risque de passage au statut d’« alerte » ou de « prudence » à tout moment. Cette pénurie potentielle est particulièrement inquiétante car le sang est vital pour les victimes d’accidents, les patients subissant des interventions chirurgicales complexes et ceux atteints de maladies rares nécessitant des transfusions régulières.
Selon le quartier général de gestion du sang de la Croix-Rouge coréenne, la saison hivernale (janvier) a enregistré, en moyenne au cours des trois dernières années, un déficit d’environ 10 000 unités de sang. Ce n’est pas simplement une fluctuation saisonnière, mais le symptôme d’une tendance structurelle à la baisse des dons. La situation s’est encore compliquée avec la fin récente de la distribution de billets de cinéma en récompense des dons, une mesure qui encourageait notamment les jeunes à participer.
Le centre de transfusion sanguine de Gangwon a tenté de compenser en proposant des chèques-cadeaux culturels ou des produits de consommation courante, mais l’impact de cette substitution est incertain. Les experts craignent une diminution significative de la participation volontaire, en particulier chez les jeunes, si des récompenses tangibles ou une reconnaissance sociale ne sont pas proposées. Il est donc impératif de dépasser les mesures d’urgence à court terme et d’adopter une approche plus globale.
Une stratégie de communication complète est nécessaire pour souligner la valeur sociale du don de sang, en le présentant comme un « don médical » qui sauve des vies. Il est également crucial de mettre en place des mécanismes de reconnaissance pour les donateurs, afin de valoriser leur engagement civique. À cette fin, une campagne de sensibilisation impliquant les médias, les universités, les institutions publiques et les collectivités locales pourrait être lancée.
Parmi les mesures envisageables figurent la mise en place d’un « système d’incitation saisonnier » pour répondre aux besoins accrus de l’hiver, ainsi que l’organisation de semaines intensives de collecte de sang ciblant des groupes spécifiques, tels que les lycéens, les étudiants en vacances et le personnel militaire. À long terme, il pourrait être pertinent d’intégrer le don de sang dans les systèmes d’incitation au bénévolat communautaire et au service public.
Enfin, la création d’une équipe dédiée au niveau provincial, chargée de promouvoir le don de sang et de stabiliser l’approvisionnement, ainsi que la mise en place d’un système permettant d’organiser rapidement des campagnes de collecte en collaboration avec les centres de transfusion sanguine, sont des étapes essentielles. Des initiatives créatives, telles que des collectes mobiles lors de festivals et d’événements locaux, pourraient également contribuer à accroître la participation.
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