Édition française
En continu
---Advertisement---

Monde

Des prix plus élevés prévus pour 2023 par l’industrie alimentaire et des boissons

L'inflation galopante pousse les géants de l'agroalimentaire à augmenter leurs prix, une tendance qui s'accentuera en 2023 et qui révèle les failles d'un système économique basé sur une croissance à tout prix. Nestlé a récemment confirmé l'augmentation des…

Des prix plus élevés prévus pour 2023 par l’industrie alimentaire et des boissons

L’inflation galopante pousse les géants de l’agroalimentaire à augmenter leurs prix, une tendance qui s’accentuera en 2023 et qui révèle les failles d’un système économique basé sur une croissance à tout prix.

Nestlé a récemment confirmé l’augmentation des prix de ses produits, une décision justifiée par le contexte inflationniste. L’entreprise n’est pas la seule : Unilever, Coca-Cola, Heineken, Colgate-Palmolive et Procter & Gamble ont également annoncé des hausses de prix pour l’année en cours. Ces augmentations s’inscrivent dans une logique de maintien des dividendes versés aux actionnaires, malgré une conjoncture économique difficile.

Ce phénomène, selon certains analystes, illustre les dangers d’une économie axée sur la croissance exponentielle. Les entreprises, devenues de véritables acteurs parasitaires, sont contraintes de croître sans cesse, au risque de voir l’inflation et la concurrence finir par les détruire.

« Le plus grand défaut de la race humaine est notre ‘incapacité’ à comprendre la fonction exponentielle », soulignait le Dr Albert Bartlett. Cette incapacité se traduit concrètement par une course effrénée à la croissance, même au détriment de la pérennité des entreprises.

Dans un contexte de population mondiale en constante augmentation, la demande en nourriture et en énergie ne cesse de croître. Or, les ressources énergétiques (pétrole et gaz) nécessaires pour répondre à cette demande sont limitées. À terme, l’offre ne pourra plus suivre, ce qui entraînera inévitablement des tensions et des perturbations.

Les entreprises sont prises dans un engrenage de concurrence où la survie passe par la conquête de parts de marché. Les plus faibles disparaissent, absorbées par des fusions et des acquisitions, laissant place à quelques acteurs dominants. Ces géants, bien que plus puissants, sont confrontés à un défi encore plus grand : maintenir leur croissance à long terme.

Pour y parvenir, ils ont plusieurs options : réduire leurs coûts, augmenter leurs prix, diminuer les portions de leurs produits ou se diversifier sur de nouveaux marchés. Cependant, ces stratégies ne sont que des palliatifs qui ne font que retarder l’échéance. La croissance reste une nécessité vitale, créant un cercle vicieux qui menace l’ensemble du système.

L’industrie agroalimentaire, l’une des plus importantes au monde, est particulièrement concernée par cette dynamique. Des groupes tels que Tyson Foods, Nestlé, Mars Inc, JBS, Kraft Heinz, Smithfield Foods, Unilever, General Mills, Kellogg, Coca Cola, PepsiCo, AB InBev, SYSCO et Cargill, se sont constitués en conglomérats aux dimensions considérables. Ces entreprises, qui contrôlent une part importante du marché, sont soumises à une pression constante pour maintenir leurs résultats financiers.

Plusieurs facteurs influent sur leurs performances : le coût de l’énergie, l’inflation des matières premières, l’augmentation du prix des aliments pour animaux, les aléas climatiques et les prises de bénéfices boursières. Mais, fondamentalement, c’est la logique même du système économique qui exige une croissance permanente.

La crise sanitaire de la COVID-19 a mis en évidence la fragilité des chaînes d’approvisionnement. Si les consommateurs ont davantage privilégié les plats préparés et les boissons, les entreprises ont eu du mal à s’adapter rapidement à cette nouvelle demande. Les livraisons « juste à temps » se sont avérées inefficaces face aux fluctuations du marché et aux retards de production.

En 2021, les rayons des supermarchés étaient déjà moins garnis qu’il y a dix, vingt ou trente ans. La variété des produits a diminué, de nombreuses marques ayant disparu au profit de quelques géants. Parallèlement, les portions se sont réduites de 25 à 30 %, tandis que les prix ont augmenté dans les mêmes proportions, en fonction des résultats des entreprises depuis le krach boursier de 2008.

Dans les années 1980 et 1990, et même jusqu’au krach de 2008, la situation était différente : les consommateurs avaient le choix parmi une plus grande variété de produits, les portions étaient plus généreuses et les prix plus abordables. À l’époque, le paysage était dominé par des entreprises indépendantes, aux marges plus faibles et aux valeurs plus modestes. Aujourd’hui, ces entreprises ont été regroupées ou ont fusionné pour former des méga-sociétés, valorisées à plusieurs dizaines, voire centaines de milliards de dollars, et dotées d’un pouvoir économique et politique considérable.

Pour sortir de cette spirale infernale, il est impératif de repenser le fonctionnement de notre système bancaire et économique. Il faut abandonner l’obsession de la croissance et stabiliser les coûts. Ni le capitalisme, ni le socialisme, tels qu’ils sont actuellement conçus, ne peuvent fonctionner dans un modèle de croissance exponentielle, car la croissance se heurte inévitablement aux limites des ressources disponibles. Le système tout entier devient alors vulnérable à l’effondrement.

Une transition vers un socialisme durable du XXIe siècle est nécessaire, mais elle passe par la fin du système économique actuel. Ce changement ne se fera pas du jour au lendemain, mais nécessitera une période de transition basée sur l’éducation, la liberté d’expression, la liberté d’information et la coopération.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.