Publié le 11 novembre 2025 10:51:00. Une comète interstellaire, baptisée 3I/ATLAS, a récemment traversé notre système solaire, offrant aux astronomes une opportunité unique d’étudier la composition d’un objet venu d’un autre système stellaire, et ce, grâce à la détection d’un signal radiofréquence inhabituel.
- La comète 3I/ATLAS a été détectée en juillet 2025 et a atteint son point le plus proche du Soleil fin octobre.
- Des raies d’absorption d’hydroxyde (OH) ont été détectées, indiquant la présence d’eau dans la coma de la comète.
- L’étude de 3I/ATLAS confirme son origine naturelle et offre des perspectives inédites sur les matériaux interstellaires.
La comète 3I/ATLAS, troisième objet interstellaire identifié dans notre système solaire après 1I/’Oumuamua et 2I/Borisov, a suscité l’intérêt de la communauté scientifique après avoir été détectée le 1er juillet 2025 par le système ATLAS (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System) au Chili. Sa trajectoire hyperbolique confirme qu’elle n’est pas liée gravitationnellement au Soleil, mais qu’elle le traverse simplement.
Le périhélie, soit le point de son orbite le plus proche du Soleil, a été atteint aux alentours du 29 et 30 octobre 2025, à une distance d’environ 1,4 unité astronomique (UA), soit 210 millions de kilomètres. Son approche la plus proche de la Terre s’est faite à 1,8 UA (environ 270 millions de kilomètres), écartant tout risque de collision.
L’aspect le plus remarquable de cette comète réside dans la détection de raies d’absorption d’hydroxyde (OH) à radiofréquence, rapportée le 24 octobre 2025 par une équipe internationale d’astronomes basée en Afrique du Sud et en Suède. Cette découverte, réalisée grâce au radiotélescope MeerKAT, composé de 64 antennes de 13,5 mètres de diamètre, a permis de détecter des émissions à 1665 et 1667 MHz, caractéristiques du radical OH, un sous-produit de l’eau dans les comètes.
L’observation s’est avérée techniquement difficile, car l’objet se trouvait à seulement 3,76 degrés du Soleil, une configuration générant des interférences solaires et compliquant la réception des signaux faibles. Les tentatives précédentes, en septembre, n’avaient pas permis de détecter d’émissions.
Cette détection confirme non seulement la présence d’eau dans la coma de la comète, mais permet également d’étudier en temps réel la chimie active d’un objet interstellaire, ouvrant ainsi un nouveau champ d’étude des corps errants provenant d’autres systèmes stellaires.
Des études complémentaires menées avec les télescopes Hubble et James Webb ont révélé que 3I/ATLAS possède une coma modérée, une queue orientée dans la direction opposée au Soleil, et émet des gaz tels que le dioxyde de carbone (CO₂) et le cyanure d’hydrogène. Le rapport CO₂/H₂O est supérieur à celui observé sur la plupart des comètes de notre système solaire, suggérant une composition différente, bien que compatible avec une comète glacée.
La perte de masse de l’objet a également été particulièrement importante. Estimée à 150 kg par seconde avant le périhélie, elle a atteint environ 2 millions de kg par seconde à proximité du Soleil, une augmentation sans précédent parmi les comètes connues. Ce comportement extrême offre un laboratoire naturel pour étudier les matériaux interstellaires sous l’influence du rayonnement solaire.
Malgré certaines spéculations concernant une possible origine artificielle, les preuves scientifiques indiquent que 3I/ATLAS est une comète naturelle. Le signal OH, sa coma et la production de gaz correspondent aux propriétés physiques attendues d’une comète glacée. Des observations complémentaires réalisées en Afrique du Sud et dans d’autres observatoires confirment cette conclusion.
Le retard dans la publication des images récentes par la NASA s’explique par un arrêt partiel de l’administration américaine depuis le 1er octobre 2025, qui a réduit les opérations de l’agence de 17 %, en priorisant les missions critiques telles qu’Artemis et la Station spatiale internationale.
L’observation de 3I/ATLAS marque une étape importante : c’est la première fois qu’un objet interstellaire est détecté non seulement optiquement, mais également par radiofréquence, permettant d’étudier directement sa composition et son activité chimique. À mesure qu’elle s’éloigne du Soleil, les astronomes pourront continuer à analyser sa coma, son interaction avec le vent solaire et l’évolution de son noyau.
Que la comète se fragmente ou reste intacte, 3I/ATLAS laisse un héritage scientifique précieux et une leçon importante : même les visiteurs d’autres systèmes stellaires peuvent nous surprendre, en nous offrant des fenêtres uniques sur la compréhension de la formation et de l’évolution des matériaux au-delà de notre voisinage cosmique.
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