Publié le 2024-11-11 13:57:00. De nouvelles recherches confirment un lien étroit entre le virus d’Epstein-Barr (EBV) et la sclérose en plaques (SEP), ouvrant la voie à des essais de vaccins prometteurs pour prévenir ou atténuer cette maladie auto-immune.
- Une infection par l’EBV précède fréquemment le diagnostic de SEP, augmentant le risque de développer la maladie jusqu’à 32 fois.
- Des vaccins à ARNm contre l’EBV sont en cours de développement, avec des résultats préliminaires encourageants en termes de sécurité et de réponse immunitaire.
- Plusieurs approches vaccinales sont explorées, ciblant différentes protéines du virus pour prévenir l’infection initiale ou renforcer l’immunité chez les personnes déjà infectées.
Le rôle du virus d’Epstein-Barr (EBV) dans le développement de la sclérose en plaques (SEP) est de plus en plus solidement établi par la communauté scientifique. Une étude de grande envergure, publiée en 2022 dans la revue Science, a révélé que plus de dix millions de soldats américains infectés par l’EBV présentaient un risque considérablement accru de développer une SEP. Les chercheurs ont même qualifié l’EBV de « cause nécessaire » à l’apparition de la maladie, tout en soulignant qu’il ne suffit pas à lui seul à la déclencher.
Des travaux plus récents confirment cette tendance. Une étude de cohorte menée en 2024 a démontré que les personnes ayant contracté une mononucléose, manifestation clinique de l’infection par l’EBV, présentent un risque significativement plus élevé de recevoir un diagnostic de SEP dans les années qui suivent. Une revue de littérature publiée en 2023 dans Nature Reviews Neurology a quant à elle mis en lumière les mécanismes biologiques par lesquels l’EBV peut perturber la réponse immunitaire, notamment par le phénomène de « mimétisme moléculaire », la persistance virale dans les cellules B et l’activation de gènes liés à la susceptibilité génétique.
Bien que l’EBV soit présent chez la quasi-totalité de la population mondiale, seule une faible proportion de personnes développe la SEP. Cela suggère que d’autres facteurs, à la fois génétiques et environnementaux, jouent un rôle crucial dans le déclenchement du processus auto-immun.
Face à ces découvertes, la recherche biomédicale s’oriente désormais vers la prévention. Plusieurs entreprises pharmaceutiques développent actuellement des vaccins contre l’EBV, notamment des vaccins à ARNm. Le candidat le plus avancé, ARNm-1189, a franchi avec succès la phase 1 des essais cliniques, confirmant son innocuité et sa capacité à stimuler une réponse immunitaire. Une seconde formulation, ARNm-1195, est en cours de développement afin d’évaluer si la vaccination peut également réduire les complications post-infectieuses et les maladies auto-immunes associées.
D’autres types de vaccins contre l’EBV sont également à l’étude, utilisant des approches variées telles que les vaccins sous-unitaires, à vecteur viral, à particules pseudo-virales (VLP), à ADN, à nanoparticules et à cellules dendritiques. Ces vaccins ciblent différentes protéines de l’EBV, notamment les glycoprotéines d’enveloppe (comme les protéines Gp350 et de latence), dans le but de prévenir l’infection initiale (vaccination prophylactique) ou de renforcer la réponse immunitaire chez les personnes déjà infectées (vaccination thérapeutique). Les experts estiment qu’un vaccin autorisé ne pourrait être disponible au plus tôt vers la fin de la décennie.
À lire aussi
