Publié le 15 novembre 2023. La comète interstellaire 3I/Atlas, qui a suscité des spéculations sur une possible origine artificielle, a été confirmée comme un phénomène naturel grâce à la détection d’un signal radio spécifique émis par les molécules d’hydroxyles qu’elle contient.
Après des semaines de débat alimenté par les réseaux sociaux et des théories du complot, les scientifiques ont finalement identifié la source du signal radio capté par la comète 3I/Atlas. L’analyse, publiée par le magazine Wired, révèle qu’il ne s’agit pas d’une transmission artificielle, mais d’une signature spectrale typique de l’activité cométaire.
Le signal a été détecté le 24 octobre par le radiotélescope MeerKAT, situé en Afrique du Sud, cinq jours avant que la comète n’atteigne son point le plus proche du Soleil (périhélie). Il correspond à un modèle d’absorption à des fréquences de 1 665 et 1 667 mégahertz (MHz), des fréquences associées à la présence de radicaux hydroxyles (OH).
Selon les chercheurs, ces molécules sont libérées par la comète lors de la sublimation des glaces, un processus qui se produit à l’approche du Soleil. « Les radicaux hydroxyles peuvent absorber ou émettre un rayonnement à des fréquences spécifiques en raison de transitions dans leurs niveaux d’énergie », ont-ils expliqué dans une publication de l’Astronomer’s Telegram. La géométrie d’observation a favorisé l’absorption, confirmant ainsi l’activité cométaire et écartant d’autres hypothèses.
MeerKAT, exploité par l’Observatoire sud-africain de radioastronomie, est constitué de 64 antennes de 13,5 mètres de diamètre chacune. Les premières tentatives de détection du signal de la comète, les 20 et 28 septembre, n’avaient pas abouti.
L’astrophysicien Avi Loeb, connu pour ses hypothèses audacieuses sur la vie extraterrestre, a souligné dans un article paru dans Medium que la direction d’arrivée de la comète coïncidait à moins de 9 degrés avec celle du célèbre signal « Wow! », détecté en 1977 et dont l’origine reste inexpliquée. Lien vers l’article de Medium d’Avi Loeb
Malgré cette confirmation de l’origine naturelle de 3I/Atlas, Loeb insiste sur la nécessité de poursuivre les observations afin de déterminer si la production de radicaux hydroxyles est constante ou intermittente. Il a également évoqué la possibilité que la sonde Juno, en orbite autour de Jupiter, puisse capter des signaux radio basse fréquence (entre 50 hertz et 40 MHz) lors du passage de la comète à 53 millions de kilomètres de la planète, le 16 mars 2026.
Bien que les nouvelles données scientifiques renforcent l’hypothèse d’une origine naturelle pour 3I/Atlas, il est peu probable que cela mette fin aux théories alternatives. Les astronomes se réjouissent toutefois de l’intérêt suscité par cet événement auprès du grand public, qui témoigne d’une curiosité pour la recherche dans l’espace lointain.
La comète atteindra son point le plus proche de la Terre le 19 décembre prochain.

