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« The Running Man » évoque une vision dystopique de l’Amérique qui n’est toujours pas aussi mauvaise que la réalité

Trente-huit ans après le film culte, L'Homme qui court revient sur les écrans dans une version qui résonne étrangement avec notre époque. Le remake, signé Edgar Wright, explore un monde où la violence télévisée et la surveillance de…

« The Running Man » évoque une vision dystopique de l’Amérique qui n’est toujours pas aussi mauvaise que la réalité

Trente-huit ans après le film culte, L’Homme qui court revient sur les écrans dans une version qui résonne étrangement avec notre époque. Le remake, signé Edgar Wright, explore un monde où la violence télévisée et la surveillance de masse ne semblent plus relever de la science-fiction.

Dans ce nouveau thriller d’action, c’est Glen Powell qui incarne Ben Richards, un homme au bord du gouffre. Licencié à plusieurs reprises pour insubordination et confronté aux difficultés liées à l’éducation d’un enfant malade, il se retrouve contraint de participer à l’émission de télé-réalité la plus populaire des États-Unis : « Tuer ou être tué ». Richards a été sélectionné par un producteur qui l’a qualifié de « l’homme le plus en colère ayant jamais passé une audition », selon ses propres termes.

Le concept de l’émission a été remanié. Exit les niveaux successifs inspirés des jeux vidéo. Richards doit désormais survivre pendant 30 jours dans le monde réel, traqué par des drones équipés de caméras, des « chasseurs » lourdement armés, des agents de sécurité privée et, surtout, le grand public. Ce dernier, armé de smartphones et d’une application dédiée, est encouragé à repérer et à filmer les participants. Plus il survit longtemps et plus il élimine de poursuivants, plus il empoche d’argent.

Le spectacle est retransmis en direct et suscite une fascination morbide auprès d’un public massif, surnommé les « Running Fans », qui restent rivés à leurs écrans 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Tout comme son prédécesseur interprété par Arnold Schwarzenegger, Powell passe du statut de criminel à celui de héros populaire, défiant les caméras et alimentant l’audience.

Ce remake, coécrit et réalisé par Edgar Wright (connu pour Hot Fuzz et Scott Pilgrim contre le monde), s’inspire à la fois du film original, du roman de Stephen King qui l’a précédé, et de la réalité contemporaine. L’Amérique décrite dans le film, avec un président obsédé par les audiences et des opérations d’expulsion transformées en télé-réalité par des équipes de la police de l’immigration et des personnalités comme le Dr Phil McGraw, semble offrir un terrain fertile pour une adaptation de L’Homme qui court.

Cependant, la satire repose sur la caricature, et le film ne se contente pas d’exagérer la réalité. L’idée d’un jeu télévisé mortel ne paraît-elle pas si éloignée, alors que le succès de la série sud-coréenne Squid Game (jeu de calmar) sur Netflix a engendré une émission de télé-réalité compétitive du même nom ? Ou encore, lorsque le YouTuber « MrBeast » attire des participants en leur promettant 10 000 dollars (environ 9 300 euros) pour qu’ils restent assis dans une baignoire remplie de serpents ?

Récemment, un spectateur a assisté en direct à une blessure grave de Cam Skattebo, un joueur recrue des Giants de New York, dont la cheville s’est tordue à 45 degrés sous les applaudissements d’un public hostile. Un incident qui illustre, selon le film, la fascination du public pour le spectacle et la violence.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.