L’ambiance est morose chez les consommateurs américains, mais les chiffres des dépenses de fin d’année pourraient bien surprendre. Alors que les indicateurs de confiance des consommateurs atteignent des niveaux historiquement bas, les experts mettent l’accent sur l’importance d’observer les comportements d’achat plutôt que les simples déclarations d’intention.
L’enquête de l’Université du Michigan, publiée vendredi dernier, a révélé le deuxième taux de confiance le plus bas jamais enregistré, avec un indice des anticipations atteignant son point le plus bas depuis les années 1970. Ce pessimisme coïncide avec le début de la saison des achats des fêtes, qui devrait battre des records avec plus de 1 000 milliards de dollars (environ 925 milliards d’euros) de dépenses en novembre et décembre, soit une augmentation d’environ 4 % par rapport à l’année précédente, selon la Fédération nationale du commerce de détail.
Les prochains résultats trimestriels des entreprises de vente au détail, qui débuteront mardi prochain avec la publication des chiffres de Home Depot, seront scrutés à la loupe. Ces données, qui concernent le troisième trimestre fiscal se terminant généralement autour d’Halloween, fourniront des indications précieuses sur la santé de la consommation.
Parallèlement, des propositions de la Maison Blanche, comme la distribution d’un « dividende tarifaire » de 2 000 $ (environ 1 850 euros) par contribuable et l’extension de la durée des prêts hypothécaires à 50 ans, témoignent d’une volonté de stimuler la demande et de rassurer les ménages.
L’analyse des performances de certaines grandes entreprises de vente au détail offre un aperçu contrasté de la situation. Walmart, par exemple, affiche une dynamique positive, son cours de bourse surperformant le marché depuis avril et se maintenant au-dessus de sa moyenne mobile à court terme. L’indicateur de volume par prix suggère une possible stabilisation, voire une légère hausse.
À l’inverse, Target connaît des difficultés, son cours de bourse se rapprochant de son plus bas niveau depuis six ans. Home Depot, bien que plus résilient, montre des signes de ralentissement, avec un cours de bourse en baisse de 10 % par rapport à son sommet de septembre.
Les experts soulignent que le consommateur est loin d’être un bloc homogène. Les personnes les plus modestes pourraient privilégier des options moins coûteuses pour leurs repas, tandis que les ménages à hauts revenus semblent moins affectés par la conjoncture économique. L’évolution des prix des principales valeurs de consommation sera donc un indicateur clé pour évaluer la direction que prendra l’économie dans les prochains mois.