L’intelligence artificielle suscite autant d’enthousiasme que d’inquiétudes, et les premières conséquences se font sentir sur le marché du travail. Des dizaines de milliers d’emplois, notamment dans le secteur technologique, sont déjà menacés par l’automatisation, poussant les dirigeants d’entreprises à anticiper des transformations profondes.
Les exemples se multiplient à une vitesse alarmante. Amazon a annoncé la suppression de 30 000 postes de cadres, Accenture de 11 000, Tata Consultancy Services de 12 000, Microsoft et IBM de 9 000 chacun, et Salesforce de 4 000. Au total, les experts prévoient plus de 200 000 licenciements dans les entreprises du secteur technologique cette année. La situation est d’autant plus préoccupante que le premier employeur privé des États-Unis, Walmart, se prépare déjà à un impact généralisé de l’IA sur tous les métiers.
Le PDG de Ford va même jusqu’à affirmer que « l’intelligence artificielle va littéralement remplacer la moitié des cols blancs aux États-Unis ». Ces prédictions, bien que parfois présentées de manière alarmiste, soulignent la rapidité avec laquelle l’IA se diffuse et remet en question la notion même de consentement face à cette automatisation croissante.
Pierre-Yves Gosset, coordinateur des services numériques de Framasoft, estime que « le monde a un peu perdu la tête avec l’IA ». Lors de ses conférences, notamment celle intitulée « Ce n’est pas l’IA que vous détestez mais le capitalisme », il s’efforce de démystifier cette technologie afin d’en examiner les conséquences sociales, idéologiques et politiques. Il souligne que l’IA n’est pas une entité autonome :
« L’IA n’a pas de personnalité morale et physique, ce sont des directions qui décident si on automatise ou pas et si on se passe du contrôle humain. »