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La Norvège ne bénéficie pas d’une exemption des douanes de l’UE – NRK Nordland

Publié le 12 novembre 2025 à 14h49. L'Union européenne envisage d'imposer des mesures de protection sur les ferroalliages, une décision que la Norvège conteste fermement, craignant des conséquences négatives pour son industrie et son économie. La Norvège s'oppose…

La Norvège ne bénéficie pas d’une exemption des douanes de l’UE – NRK Nordland

Publié le 12 novembre 2025 à 14h49. L’Union européenne envisage d’imposer des mesures de protection sur les ferroalliages, une décision que la Norvège conteste fermement, craignant des conséquences négatives pour son industrie et son économie.

La Norvège s’oppose à l’inclusion de son territoire dans les mesures de protection que l’UE s’apprête à instaurer sur les alliages de fer, a confirmé la ministre de l’Industrie, Cecilie Myrseth, au média NRK. Oslo estime que l’accord sur l’Espace économique européen (EEE) ne justifie pas une telle extension.

Selon la ministre Myrseth, l’UE a notifié sa décision au gouvernement norvégien.

« Nous ne sommes pas d’accord avec l’UE sur ce point. Le gouvernement estime que la Norvège ne devrait pas être couverte par ces mesures de protection. Nous pensons que l’accord EEE ne permet pas à la Norvège d’être couverte par de telles mesures. »

Cecilie Myrseth, ministre de l’Industrie (Ap)

Oslo entend contester cette décision auprès des États membres de l’UE dans les prochains jours. Le gouvernement norvégien est en contact avec Bruxelles sur ce dossier depuis l’annonce, en décembre dernier, d’enquêtes sur d’éventuelles mesures de protection concernant les ferroalliages.

Les ferroalliages, un mélange de métaux essentiel à la production d’acier et à d’autres industries stratégiques, sont fabriqués en Norvège dans les fonderies de Sauda, Finnsnes, Porsgrunn et Mo i Rana, entre autres.

Le ministre des Finances, Jens Stoltenberg, se rendra à Bruxelles ce mercredi et jeudi pour rencontrer ses homologues nordiques et européens. Pour l’heure, il n’a pas réussi à obtenir des garanties quant à l’exclusion de la Norvège de ces droits de douane punitifs.

« La Commission européenne estime que cela est nécessaire, mais nous ne sommes pas d’accord avec elle sur ce point. Nous pensons que cela est contraire à l’accord EEE et à l’idée d’un marché intérieur ouvert. Le risque que cela se produise est apparu clairement depuis l’automne dernier, lorsque les recherches sur les alliages de fer ont été lancées. »

Jens Stoltenberg, ministre des Finances

La proposition sera examinée vendredi par les États membres de l’UE au sein d’un comité douanier protecteur. Stoltenberg reste prudent, tout en soulignant qu’aucune décision n’est définitive tant qu’elle n’est pas formellement adoptée.

L’industrie norvégienne exprime de vives inquiétudes face à cette initiative européenne. Harald Solberg, PDG de Norsk Industri, dénonce une « rupture historique » avec les principes du marché intérieur.

« Nous considérons la proposition de quotas de l’UE pour l’industrie norvégienne des ferroalliages comme une rupture historique avec la logique du marché intérieur. »

Harald Solberg, PDG de Norsk Industri

Selon Norsk Industri, ces mesures pourraient entraver la coopération industrielle stratégique avec l’UE et affaiblir les investissements dans le secteur norvégien. Ole Erik Almlid, chef de la NHO (Confédération des entreprises norvégiennes), craint que l’accord EEE ne garantisse pas une protection suffisante contre de telles mesures. Il souligne l’importance de préserver l’accès au marché européen. Rapport de la NHO sur les exportations vers l’EEE en 2023.

Jette F. Christensen, commentatrice pour Altinget, estime que cette situation révèle les limites de l’accord EEE face aux enjeux de guerre commerciale et aux mesures douanières. Commentaire d’Altinget sur les ferroalliages et l’accord EEE.

La Norvège est un exportateur majeur d’alliages de fer vers l’UE, représentant jusqu’à 43 % des importations européennes. Les mesures de protection envisagées pourraient potentiellement mettre en péril jusqu’à 2 000 emplois norvégiens. Environ 410 000 emplois en Norvège dépendent directement des exportations et de l’accès au marché offerts par l’accord EEE, selon un rapport de Menon.

Le groupe industriel Elkem, particulièrement exposé à ces mesures, a vu son action chuter en bourse. L’entreprise n’a pas souhaité commenter la situation, renvoyant vers son service de communication central.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.