Publié le 12 novembre 2025 à 19h00. Des astronomes ont capturé, pour la première fois, l’évolution interne d’une supernova seulement un jour après son explosion, grâce à une réaction rapide et coordonnée entre des chercheurs et des observatoires internationaux.
- L’étude a permis d’observer la forme de l’onde de choc générée par la supernova SN 2024ggi, révélant une symétrie aplatie, comparable à celle d’une olive.
- Les observations précoces valident les modèles théoriques sur les premiers instants des cataclysmes cosmiques.
- La collaboration internationale et la réactivité des équipes ont été cruciales pour cette avancée scientifique.
L’étude des supernovae, explosions qui marquent la fin de vie des étoiles massives, est un domaine clé de l’astrophysique. Ces événements permettent de mieux comprendre les mécanismes qui régissent l’univers et l’évolution des étoiles. C’est pourquoi chaque nouvelle détection suscite un intérêt immédiat et mobilise les ressources des observatoires du monde entier.
Grâce au Very Large Telescope (VLT) de l’Observatoire européen austral (ESO) au Chili, une équipe internationale de chercheurs dirigée par l’Université Tsinghua de Pékin a pu suivre l’évolution de l’onde de choc produite par la supernova SN 2024ggi, située à 22 millions d’années-lumière de la Terre. Cette étoile supergéante rouge, dont la masse se situe entre 12 et 15 fois celle du Soleil et le rayon 500 fois supérieur, a offert une opportunité unique d’analyser un événement cosmique dans ses premiers instants.
Les données collectées grâce à une technique appelée spectropolarimétrie ont révélé que l’onde de choc initiale présentait une forme symétrique mais aplatie, rappelant celle d’une olive. Selon les chercheurs, cette géométrie est un indice précieux sur les processus physiques qui se déroulent lors de l’explosion.
La vie d’une étoile repose sur un équilibre fragile entre la gravité, qui tend à la comprimer, et la fusion nucléaire, qui libère de l’énergie et contrebalance cette force. Lorsque l’étoile épuise son combustible nucléaire, la gravité prend le dessus, provoquant un effondrement rapide du cœur stellaire. Ce dernier se transforme alors en une étoile à neutrons, un objet extrêmement dense.
L’explosion de supernova se produit lorsque la matière s’accumulant autour de l’étoile à neutrons rebondit, générant une onde de choc puissante qui disloque l’étoile. L’étude de cette onde de choc, avant qu’elle n’interagisse avec la matière environnante, est essentielle pour comprendre les mécanismes de l’explosion.
Comme le souligne Yi Yang, chercheur à l’Université Tsinghua de Pékin et auteur principal de l’étude, « la géométrie d’une explosion de supernova fournit des informations fondamentales sur l’évolution stellaire et les processus physiques qui donnent naissance à ces feux d’artifice cosmiques ». C’est pourquoi il est crucial d’étudier ces événements le plus tôt possible.
La détection de SN 2024ggi par le système d’alerte d’impact terrestre d’astéroïdes (ATLAS) le 10 avril 2024 a déclenché une mobilisation rapide. L’équipe de Yang a immédiatement sollicité l’utilisation du VLT de l’ESO, permettant ainsi d’obtenir des données précieuses dans les heures qui ont suivi l’explosion.
Les résultats de cette étude devraient permettre d’affiner les modèles théoriques existants sur les supernovae et de mieux comprendre les mécanismes qui régissent la mort des étoiles massives. Selon Ferdinando Patat, astronome à l’ESO, cette recherche est un « puissant rappel que la curiosité, la collaboration et l’action rapide peuvent révéler de profondes connaissances sur la physique qui façonne notre Univers ».