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Asdrúbal Aguiar met en garde contre la « détention du crime organisé » au Venezuela

Publié le 12 novembre 2025 à 13h53. À 77 ans, l'ancien ministre et président par intérim vénézuélien Asdrúbal Aguiar alerte sur la métamorphose du régime de Maduro, qu'il décrit désormais non pas comme une simple autocratie, mais comme…

Asdrúbal Aguiar met en garde contre la « détention du crime organisé » au Venezuela

Publié le 12 novembre 2025 à 13h53. À 77 ans, l’ancien ministre et président par intérim vénézuélien Asdrúbal Aguiar alerte sur la métamorphose du régime de Maduro, qu’il décrit désormais non pas comme une simple autocratie, mais comme une organisation criminelle transnationale infiltrée au cœur de l’État.

  • Asdrúbal Aguiar, secrétaire général du Groupe IDÉE (Initiative Démocratique de l’Espagne et des Amériques), dénonce une corruption systémique au Venezuela.
  • Le Groupe IDÉE, qui rassemble plus de 40 anciens chefs d’État, plaide pour une rupture avec le régime de Maduro et une transition démocratique.
  • Aguiar souligne l’urgence d’une reconnaissance internationale de la nature criminelle du pouvoir vénézuélien pour une action efficace.

Depuis Miami, où il coordonne les activités du Groupe IDÉE, Asdrúbal Aguiar revient sur une décennie de travail en faveur de la démocratie en Amérique latine. Son analyse, forgée par une expérience politique de premier plan au Venezuela (ministre de 1996 à 1998 et président par intérim en 1998), est sans concession. Il estime que le régime de Nicolás Maduro a dépassé le stade de l’autoritarisme pour devenir une véritable « société holding du crime organisé ».

Aguiar explique que la situation s’est aggravée après la mort d’Hugo Chávez, et que sous Maduro, une crise humanitaire sans précédent est délibérément encouragée pour consolider le pouvoir. Cette analyse a conduit à la création du Groupe IDÉE, en collaboration avec d’anciens présidents espagnol et colombien, José María Aznar et Andrés Pastrana, ainsi que Nelson Mezerhane, l’éditeur du Journal Las Amériques, victime du régime de Caracas.

« L’observation de l’expérience de la démocratie, notamment à partir de ce qui s’est passé au Venezuela depuis 1999, lorsqu’une société déjà mûre et modernisée a choisi, par le vote, de restituer les pages de son histoire et de ressusciter le gendarme nécessaire (en choisissant librement la voie de la dictature, pavée par les intérêts médiatiques et financiers), ne peut être négligée. »

Asdrúbal Aguiar, secrétaire général du Groupe IDÉE

Le Groupe IDÉE a pour objectif de défendre la Charte démocratique interaméricaine, en soulignant ses principes et en contribuant au sauvetage de la démocratie là où elle est menacée. Selon Aguiar, plus de 35 anciens présidents se sont engagés dans cette lutte, sans autre motivation que la cohérence morale.

Aguiar insiste sur le fait que le diagnostic de la situation vénézuélienne est crucial. Il critique les négociations et les dialogues passés, qui n’ont jamais abouti à des résultats concrets en raison du manque de volonté de la dictature de Chávez puis de Maduro.

« S’il n’existe pas de diagnostic précis et clair, c’est-à-dire non contaminé par les intérêts et les circonstances du pouvoir, le pronostic pour le Venezuela sera toujours erroné. »

Asdrúbal Aguiar, secrétaire général du Groupe IDÉE

Il décrit une infiltration progressive du système politique vénézuélien par le narcoterrorisme colombien, puis par des groupes terroristes islamiques, aboutissant à la création d’une structure criminelle transnationale qui utilise l’État vénézuélien comme une base d’impunité. Il dénonce le fait que la communauté internationale continue de parler d’autoritarisme ou de dictature, sans reconnaître la réalité d’une organisation criminelle à l’échelle mondiale.

Concernant la crise migratoire et la montée du crime organisé dans la région, Aguiar appelle la communauté internationale à rompre avec le régime de Maduro. Il estime que les pays qui se plaignent de la diaspora vénézuélienne doivent comprendre que la solution réside dans la fin de ce qu’il considère comme un « mal absolu ».

« Ceux qui ont kidnappé le Venezuela et attaqué ses institutions pour leurs crimes transnationaux de narcoterrorisme ne peuvent pas être traités comme des sujets de droit international. »

Asdrúbal Aguiar, secrétaire général du Groupe IDÉE

Quant à l’opposition démocratique vénézuélienne, Aguiar souligne qu’elle a déjà accompli sa tâche en remportant les élections et en obtenant une légitimité démocratique avec des figures comme Edmundo González et María Corina Machado. Il appelle la communauté internationale à mettre fin aux « enlèvements » que connaît le Venezuela et à soutenir une transition démocratique.

Enfin, Aguiar met en avant l’importance de la démocratie comme condition préalable à la paix, citant la déclaration récente du Comité Nobel pour justifier l’attribution du prix Nobel de la paix à María Corina Machado. Il conclut en reprenant les mots de Sebastián Piñera : « Pour défendre la démocratie, il faut aimer ses idéaux, mais cela ne suffit pas sans action. Mais l’action sans idéal est corrompue et les idéaux sans action sont stérilisés ».

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.