Home NouvellesGM ordonne à ses fournisseurs de se débarrasser des pièces chinoises d’ici 2027 au milieu des tensions américano-chinoises — TradingView News

GM ordonne à ses fournisseurs de se débarrasser des pièces chinoises d’ici 2027 au milieu des tensions américano-chinoises — TradingView News

by Nicolas Lefèvre

Détroit, Michigan – General Motors (GM) amorce un virage stratégique majeur en demandant à ses fournisseurs de réduire drastiquement leur dépendance à la Chine, dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et de volonté de sécuriser ses chaînes d’approvisionnement en Amérique du Nord.

Selon quatre sources proches du dossier, le constructeur automobile basé à Détroit a lancé cette initiative à la fin de l’année 2024, qui s’est intensifiée ces derniers mois avec le renforcement des mesures tarifaires américaines à l’encontre de la Chine. GM donnerait à certains fournisseurs jusqu’en 2027 pour mettre fin à leurs contrats d’approvisionnement avec des entreprises chinoises.

Cette directive ne se limite pas aux composants essentiels des véhicules électriques, tels que les batteries et les semi-conducteurs. Elle concerne également des éléments de base comme les fixations, les câbles et les plastiques. GM a déjà commencé à nouer des partenariats avec des entreprises américaines pour garantir l’approvisionnement en terres rares et en lithium, notamment en investissant dans une mine de lithium située dans le Nevada.

L’objectif affiché par GM est de renforcer la « résilience de la chaîne d’approvisionnement », une notion qui prend désormais le pas sur la simple recherche du coût le plus bas. « La résilience est importante : assurez-vous d’avoir plus de contrôle sur votre chaîne d’approvisionnement et de savoir exactement ce qui vient d’où », a déclaré Shilpan Amin, responsable des achats mondiaux de GM, lors d’une récente conférence industrielle.

La PDG de GM, Mary Barra, a également souligné l’importance de localiser les chaînes d’approvisionnement lors de la conférence téléphonique sur les résultats du troisième trimestre en octobre : « Nous travaillons depuis plusieurs années à renforcer la résilience de la chaîne d’approvisionnement. » Elle a précisé que GM ambitionne de s’approvisionner davantage en composants dans les pays où elle assemble ses véhicules, lorsque cela est possible.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte plus large de remaniement du commerce mondial, marqué par les frictions entre Washington et Pékin. L’industrie automobile est particulièrement sensible aux annonces tarifaires imprévisibles, aux pénuries de matériaux de terres rares et aux perturbations de l’approvisionnement en puces. Les constructeurs automobiles, sous la pression de l’administration Trump pour une production nationale accrue, ont déjà commencé à développer leurs opérations et leurs approvisionnements aux États-Unis.

Bien que GM n’ait pas souhaité commenter directement ses échanges avec ses fournisseurs, cette initiative représente l’un des changements les plus significatifs dans l’industrie automobile mondiale depuis le début de la guerre commerciale sino-américaine en 2018. Elle pourrait créer un précédent pour d’autres fabricants confrontés à des enjeux croissants de sécurité nationale et de stabilité géopolitique. La directive inclut également d’autres pays soumis à des restrictions commerciales américaines, comme la Russie et le Venezuela, mais la Chine reste de loin la source la plus importante de pièces et de matériaux.

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