Publié le 2025-11-12 19:00:00. Contrairement aux idées reçues, le choix de ne pas avoir d’enfants n’est pas limité aux pays riches. Une nouvelle étude révèle que ce phénomène est présent dans les pays en développement, avec des disparités significatives d’un pays à l’autre.
- Une étude menée par des chercheurs de la Michigan State University a analysé les données de plus de deux millions de personnes dans 51 pays à revenu faible et intermédiaire.
- Les résultats montrent une variation importante du nombre de personnes choisissant de ne pas avoir d’enfants, allant de 0,3 % au Libéria à 15,6 % en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
- L’étude établit un lien entre le niveau de développement humain et la proportion de personnes sans enfant.
Le choix de ne pas avoir d’enfants, longtemps considéré comme une tendance occidentale, est en réalité un phénomène mondial, selon une recherche publiée cette semaine dans la revue PLOS One. L’étude, dirigée par Zachary Neal et Jennifer Watling Neal de la Michigan State University (États-Unis), a cherché à déterminer si cette tendance se manifestait également dans les pays en développement.
« Jusqu’à présent, la plupart des recherches se concentraient sur les pays les plus aisés, où l’on sait que la population sans enfant est en augmentation », explique Zachary Neal. « Nous voulions savoir si cette réalité existait aussi ailleurs. »
Pour répondre à cette question, les chercheurs ont développé un nouveau logiciel permettant d’analyser les données issues du programme international d’Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS), une source de statistiques sur la fécondité. Ils ont ainsi examiné les informations de plus de deux millions de personnes – dont plus de 37 000 identifiées comme « sans enfant » – dans 51 pays à revenu faible et intermédiaire, collectées entre 2014 et 2023.
Les résultats révèlent des différences notables selon les régions. En Asie du Sud-Est, par exemple, 7,3 % des femmes célibataires âgées de 15 à 29 ans aux Philippines déclarent ne pas avoir d’enfants, contre seulement 0,4 % en Indonésie. Dans l’ensemble de l’étude, la Papouasie-Nouvelle-Guinée affiche le taux le plus élevé (15,6 %), tandis que le Libéria enregistre le plus faible (0,3 %).
L’analyse a également mis en évidence une corrélation entre le niveau de développement humain et la proportion de personnes choisissant de ne pas avoir d’enfants. Dans les pays où le développement humain est faible, comme le Tchad, seulement 1 % de la population exprime le souhait de ne pas avoir d’enfants. Ce chiffre grimpe à environ 6 % dans des pays plus développés, comme la Turquie.
« Cette étude souligne que les personnes sans enfants par choix existent partout et que ce choix ne se limite pas à ceux qui vivent dans les pays riches »,
Zachary Neal, chercheur à la Michigan State University
Selon les chercheurs, une meilleure compréhension de cette population est essentielle pour adapter les politiques de santé reproductive et de protection sociale. « La décision de ne pas avoir d’enfants est un choix personnel qui doit être respecté et soutenu », souligne Neal. Mieux cerner les motivations et les besoins des personnes sans enfant pourrait ainsi contribuer à une meilleure prise en compte de leurs spécificités.
Référence:
Neal, ZP et coll. « Prévalence et prédicteurs des personnes sans enfants dans les pays en développement », PLOS One, 2025
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