L’arrivée potentielle à Charlotte, en Caroline du Nord, d’une équipe d’agents de la patrouille frontalière dirigée par Gregory Bovino, connu pour ses méthodes controversées à Chicago, suscite l’inquiétude des organisations de défense des droits des migrants et des élus locaux. Cette possible affectation intervient alors que le Département de la Sécurité intérieure (DHS) n’a pas confirmé officiellement de changement de plans.
Selon des sources proches de Reuters et d’ABC News, Gregory Bovino, officier de la patrouille frontalière ayant supervisé les opérations d’immigration sous l’administration Trump, envisagerait de transférer ses opérations de Chicago à Charlotte, puis à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane. À Chicago, les tactiques employées par son équipe ont été critiquées pour un usage excessif de la force lors des interpellations de migrants, conduisant un juge fédéral à imposer le port de caméras corporelles aux agents et à limiter leurs méthodes coercitives.
Daniela Andrade, de l’organisation Carolina Migrant Network, témoigne de l’inquiétude grandissante au sein de la communauté : « Nous avons reçu ce rapport et, depuis, les appels d’amis, d’organisations et de membres de la communauté ne cessent d’affluer, par crainte que quelque chose de plus grave ne se produise. »
Interrogé par CNN, le shérif du comté de Mecklenburg, dont Charlotte dépend, a déclaré que ni son bureau ni la police de Charlotte-Mecklenburg n’avaient été informés de ces plans fédéraux, ni contactés concernant l’arrivée de Bovino et de ses agents. La porte-parole du DHS, Tricia McLaughlin, a quant à elle affirmé à CNN : « Nous ne quittons pas Chicago. »
Pour l’heure, les mairies de Charlotte, dirigée par Vi Lyles, et de la Nouvelle-Orléans, dirigée par LaToya Cantrell, toutes deux démocrates, n’ont pas publié de communiqué officiel. Face à l’incertitude, les élus locaux ont publié une déclaration commune dans la nuit du 11 novembre, adressant un message de soutien à la communauté immigrée : « Ils ne sont pas seuls, leur place est ici. » Ce texte a été signé par plusieurs membres du conseil municipal, des représentants et des sénateurs locaux, ainsi que par des membres du conseil scolaire.
Carolina Migrant Network explique que Charlotte a été identifiée comme un point stratégique dans la politique d’immigration de l’administration Trump. « Ce n’est pas une surprise, explique Andrade. Charlotte est la cible d’attaques depuis le début de la première présidence de Trump. C’est une ville située dans un État gouverné par le gouverneur démocrate Josh Stein, qui a par le passé opposé son veto à des projets de loi anti-immigration. Nous avons également un shérif ici à Charlotte qui s’est publiquement opposé à l’ICE. »
L’organisation souligne également que Charlotte abrite le seul tribunal de l’immigration des Carolines et un bureau de l’ICE, ce qui en fait une cible potentielle pour les opérations de la patrouille frontalière. Carolina Migrant Network a mis à disposition un numéro de téléphone, le 980 336 4996 (en demandant aux personnes d’envoyer les mots « Rejoindre » ou « Juntar »), pour fournir des informations actualisées à la communauté.
« Il est important de prendre le temps d’évaluer quelles sont les sources fiables et de ne pas croire tout ce que l’on voit sur les réseaux sociaux, conseille Andrade. Recherchez les organisations ou les journalistes qui font des reportages sans dramatisation excessive. Vérifiez vos sources et élaborez un plan familial. »
Gregory Bovino a débuté sa carrière à la patrouille frontalière en 1996, après avoir obtenu une licence à la Western Carolina University et poursuivi ses études à l’Appalachian State University. Il a occupé des postes à responsabilités croissantes dans diverses régions frontalières, notamment en Arizona et en Californie, avant de devenir une figure clé de la politique d’immigration sous l’administration Trump. En 2025, il a été nommé commandant tactique pour des opérations d’immigration à grande échelle à Los Angeles et à Chicago, supervisant notamment l’opération Midway Blitz à Chicago, qui a suscité la controverse en raison de l’usage de la force.
À retenir
- Une équipe d’agents de la patrouille frontalière dirigée par Gregory Bovino pourrait être transférée à Charlotte, en Caroline du Nord.
- Les tactiques de cette équipe à Chicago ont été critiquées pour un usage excessif de la force.
- Les élus locaux et les organisations de défense des droits des migrants expriment leur inquiétude.
Contexte
Gregory Bovino est un haut fonctionnaire de la patrouille frontalière ayant supervisé les opérations d’immigration sous l’administration Trump. Ses méthodes ont été contestées devant les tribunaux.
Ce qui change
L’éventuel déploiement à Charlotte pourrait avoir un impact sur la communauté immigrée locale, suscitant des craintes quant à un durcissement des contrôles et à des interpellations potentiellement abusives.
Prochaines étapes
Il est important de suivre les déclarations officielles du Département de la Sécurité intérieure (DHS) et des autorités locales pour confirmer ou infirmer ces informations. La communauté immigrée est invitée à rester informée et à contacter Carolina Migrant Network pour obtenir de l’aide et des informations.
Chiffres clés
- 980 336 4996 : Numéro de téléphone de Carolina Migrant Network pour obtenir des informations.
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