Home AffairesLee So-ra, conseiller municipal de Séoul, « Le fonctionnement d’une école, d’un avocat devrait être réexaminé… Les honoraires de consultant sont payés même s’il n’y a pas de prestation de conseil » : Shinmungo de cette époque, Sisa Ilbo

Lee So-ra, conseiller municipal de Séoul, « Le fonctionnement d’une école, d’un avocat devrait être réexaminé… Les honoraires de consultant sont payés même s’il n’y a pas de prestation de conseil » : Shinmungo de cette époque, Sisa Ilbo

by Amélie Bernard

Publié le 12 novembre 2025 à 16h45. Des irrégularités dans la gestion du programme « Un avocat par établissement scolaire » à Séoul suscitent des inquiétudes quant à l’utilisation des fonds publics et à l’efficacité réelle du dispositif.

  • Des honoraires de conseil ont été versés à des cabinets d’avocats même en l’absence de prestations de service.
  • La concentration des contrats au sein d’un nombre limité de cabinets soulève des questions sur la concurrence et la qualité des services.
  • Le passage du financement direct aux écoles inquiète quant à la transparence et au suivi des dépenses.

Le programme « Un avocat par établissement scolaire », initialement conçu pour offrir un soutien juridique aux écoles en matière de droits éducatifs, fait l’objet de vives critiques. Lors de la 333e réunion ordinaire du comité de l’éducation du conseil métropolitain de Séoul, la conseillère municipale Lee So-ra a mis en lumière des anomalies dans l’exécution du budget alloué à ce programme.

Selon les informations révélées, des frais de consultation de 220 000 wons (environ 150 €) par mois ont été versés à certains cabinets d’avocats, et ce, même en l’absence de consultations effectives. La conseillère Lee a dénoncé un gaspillage potentiel de l’argent public, estimant que cette pratique ne correspond pas aux objectifs du programme.

« Nous avons constaté des cas où des frais de consultation de 220 000 wons étaient payés régulièrement, même s’il n’y avait pas de nombre réel de consultations. Cela ne correspond pas à l’objectif du système et peut conduire à un gaspillage de budget. »

Lee So-ra, conseillère municipale de Séoul

En 2024, le budget total du programme s’élevait à environ 3,3 milliards de wons (environ 2,2 millions d’euros), mais seuls 1,7 milliard de wons (environ 1,1 million d’euros) ont été effectivement dépensés. Depuis 2025, le financement a été modifié, les écoles recevant désormais une allocation globale dans le cadre de leur budget de fonctionnement, au lieu d’un financement spécifique pour les services juridiques.

Lee Sang-soo, directeur du département des politiques éducatives, a tenté de justifier ces versements en expliquant qu’ils étaient également destinés à la formation des enseignants ou à l’éducation juridique des élèves. Cependant, la conseillère Lee a souligné l’absence de données probantes pour étayer ces affirmations.

« En réalité, il n’y a pas de données de performance spécifiques pour le prouver. En fin de compte, le budget de plus de 200 millions de wons a été mal exécuté. »

Lee So-ra, conseillère municipale de Séoul

Par ailleurs, l’analyse des contrats révèle une concentration importante des prestations au sein d’un petit nombre de cabinets d’avocats. Environ 240 cabinets participent au programme, mais les dix premiers sont responsables de près de 47 % de tous les contrats. Cette situation suscite des inquiétudes quant à une possible détérioration de la qualité des services en raison d’un manque de concurrence.

Lee Sang-soo a reconnu que les honoraires proposés ne sont pas toujours attractifs pour les grands cabinets, et que les écoles ont parfois une préférence pour les cabinets spécialisés en droit de l’éducation. Il a toutefois assuré que l’administration ne favorise aucun cabinet en particulier et qu’elle s’efforcera de diversifier la participation des avocats en collaboration avec l’association régionale du barreau de Séoul.

La conseillère Lee a également exprimé son inquiétude quant au manque de transparence lié au nouveau mode de financement. Le transfert des fonds vers les budgets des écoles rend difficile le suivi précis des dépenses liées au programme de conseil juridique.

« Comme le budget était converti en dépenses de fonctionnement de l’école, il était utilisé en interne sans processus de retour distinct, ce qui rendait flous les détails de l’exécution des dépenses du projet. »

Lee So-ra, conseillère municipale de Séoul

Elle a appelé à une révision approfondie de la structure contractuelle, à une meilleure gestion des performances et à une plus grande transparence dans l’utilisation des fonds publics. En réponse, Lee Sang-soo a promis d’examiner attentivement les points soulevés et de proposer des améliorations pour l’année prochaine.

La conseillère Lee a conclu en soulignant l’importance de garantir que le programme « Un avocat par établissement scolaire » remplisse sa mission de protection des droits éducatifs et de soutien juridique aux enseignants, et qu’il ne se transforme pas en un simple gaspillage de ressources publiques.

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